La loi de programmation 1997-2002 définit les nouveaux formats de l’armée professionnelle conformément aux orientations fixées par le président de la République. Cependant, le passage à une armée professionnelle ne saurait se résumer à un simple ajustement des effectifs, comme nos armées ont pu en connaître ces dernières années. Il s’agit d’une transformation radicale, sans précédent dans notre histoire récente et qui affectera tant la composition que le mode de gestion des ressources humaines du ministère de la Défense. Sa réussite suppose que la défense soit capable d’identifier et de relever les défis de la période de transition, ainsi que d’amorcer les évolutions de fond que nécessite l’armée professionnelle.
La pesée de l’évolution
Avant d’examiner et de proposer des réponses aux défis de la professionnalisation, il importe de prendre la mesure à la fois quantitative et qualitative des évolutions qu’elle va introduire dans la nature des ressources humaines de la défense.
La loi de programmation prévoit une réduction des effectifs du ministère de la Défense de 132 875 emplois, mais cette approche très globale doit être complétée par des analyses plus approfondies par grandes catégories.
La pesée de l’évolution
Les conditions immédiates du succès
Le premier défi, et probablement le plus difficile à relever, est celui du recrutement d’un volume suffisant d’engagés
Susciter un nombre suffisant de départs chez les cadres militaires
Des atouts pour la transition
Le niveau des déflations à réaliser et le refus de recourir à des mesures coercitives imposent la mise en œuvre d’un véritable plan d’accompagnement
La mise en extinction progressive du service militaire et l’instauration d’un service volontaire accompagneront la professionnalisation
Indispensable à une armée professionnelle, la mise sur pied d’un système de réserves efficace repose sur la définition d’un véritable statut du réserviste
La capacité à honorer les emplois de personnels civils créés dans les armées et la gendarmerie conditionne également la réussite de la professionnalisation, mais suppose pendant la transition un accroissement significatif de la mobilité pour cette catégorie de personnels
La professionnalisation impose enfin d’aménager en profondeur la gestion des ressources humaines
Important pendant la période de transition pour faciliter les réductions d’effectifs, l’accompagnement de la mobilité professionnelle sera une priorité pour l’armée professionnelle
Les statuts comme les modes de gestion des carrières militaires devront être aménagés pour répondre aux besoins de l’armée professionnelle
Plus dynamique, la gestion du personnel civil fera une large place à la déconcentration