Asie - États-Unis, Corée du Nord : de McArthur à Madeleine Albright
Le secrétaire d’État Madeleine Albright s’est rendue à Pyongyang les 23 et 24 octobre 2000, cinquante ans après le début de la guerre de Corée, conduite, du côté américain par le général MacArthur à la tête de la première force d’intervention militaire de l’Onu. Durant cette période, on a assisté à un bras de fer entre les États-Unis et ce qu’il est convenu de surnommer le dernier régime stalinien de la planète. Si le sommet intercoréen de juin dernier a bien ouvert de nouvelles perspectives géostratégiques dans la région, la visite de Madeleine Albright, venue mettre au point un voyage de Bill Clinton, a paru bien prématurée, pour ne pas dire précipitée. Devant l’impossibilité de finir son mandat par un succès diplomatique au Moyen-Orient, le président américain semble avoir mis ses espoirs dans un déplacement à Pyongyang, qui pourrait entrer dans l’histoire comme l’équivalent du voyage de Richard Nixon à Pékin en février 1972.
Truman fut sans doute mal inspiré, lors de la conférence de Moscou, en 1945, de proposer à Staline de déclarer la guerre au Japon de manière à soulager l’effort de guerre américain contre le Japon, l’URSS devant désarmer les forces impériales nipponnes au nord du 38e parallèle, tandis que les États-Unis, après avoir récupéré les Philippines et conquis le Japon, occuperaient le Sud de la péninsule ; la réunification de la Corée devant avoir lieu cinq ans plus tard. Ce que le candide Truman ignorait alors, c’est que là où l’Armée rouge entrait, un régime socialiste serait imposé et le territoire interdit aux Alliés d’hier. Il en fut de la Corée du Nord comme de l’Allemagne de l’Est ou de Berlin Est : poussé par Staline, le président autoproclamé de la Corée du Nord Kim Il-sung, décidait de la réunification du pays et lançait le 25 juin 1950, l’invasion de la Corée du Sud s’emparant en quelques jours de la totalité du Sud, à l’exception de la poche de résistance de Pusan. Surpris, les Américains eurent alors la bonne idée de ne pas intervenir directement et de se faire confier la contre-offensive par la toute jeune Onu.
La direction des forces onusiennes, comportant un bataillon français, fut confiée au général
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