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Quel a été le rôle des services de renseignement russes dans la décision d'envahir l'Ukraine ? Dans un article en deux parties, Cyril Gélibter analyse les dysfonctionnements des services dans le processus de décision menant au 24 février 2022.
Le renseignement russe et la décision d’attaquer l’Ukraine (1/2) : un rôle ambigu (T 1562)
© Pavel Kazachkov, via Wikimedia Commons
Quel a été le rôle des services de renseignement russes dans la décision d'envahir l'Ukraine ? Dans un article en deux parties, Cyril Gélibter analyse les dysfonctionnements des services dans le processus de décision menant au 24 février 2022.
Le paradoxe du système russe de renseignement est d’être, sous certains aspects, plus ouvert, et sous d’autres, plus fermé que ses homologues occidentaux. Nulle commission parlementaire spécialement dédiée aux questions de contrôle du renseignement – même si des formes indirectes de contrôle existent et sont mises en œuvre – nombre d’archives restent fermées ou difficiles d’accès. Les nominations des directeurs régionaux du FSB sont publiques, leur carrière et leur photographie dévoilées ; les décrets, présidentiels, du gouvernement ou des ministères mentionnent ouvertement, à quelques exceptions près, les noms des membres des services siégeant dans les commissions ou groupes de travail ; les responsables du FSB et du SVR s’expriment fréquemment dans la presse – très rarement pour le directeur du GRU – et, enfin, plusieurs associations de vétérans existent, disposant d’un site Internet rendant compte de leurs activités, et certaines publient même numériquement un journal des vétérans. À titre d’exemple, l’organisation des vétérans du SVR dispose de son propre journal en ligne, Razvedchik, disponible sur le site du SVR (1).
Quel fut le rôle, connu ou caché, des services de renseignement russes dans la préparation de l’offensive du 24 février 2022 en Ukraine ?
La communauté russe du renseignement comprend le SVR, en charge du renseignement extérieur, le GRU, en charge du renseignement militaire, et le FSB, chargé de la sécurité intérieure. Ce dernier est parfois comparé à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) française, ce qui est inexact. En plus des fonctions de la DGSI, le FSB cumule les fonctions de la Direction nationale du renseignement territorial (DNRT), de la Direction du renseignement de la sécurité et de la défense (DRSD, contre-espionnage militaire), de la Direction nationale de la police aux frontières (DNPAF). Il dispose de ses propres moyens d’interception des communications en Russie et à l’étranger, de ses magistrats instructeurs, de ses propres unités d’élites, et de ses services de renseignements extérieurs. D’autres services disposent également de branches en charge du renseignement, comme la Garde nationale russe. Officiellement chargé de la protection des personnalités, le FSO effectue également des missions d’information et de renseignement, comme des sondages, pour le compte du gouvernement et du Kremlin, ou la surveillance des publications en ligne (réseaux sociaux et Internet) « dans le cadre de la lutte contre le terrorisme » (2). Tous ces services, à l’exception du GRU, ont en commun d’être rattachés directement au Kremlin.
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