C’est par une application rigoureuse de techniques managériales éprouvée que l’on peut conduire des politiques de recrutement efficaces capables de prendre en compte des aléas opérationnels. L’auteur nous en montre l’application sur la planification du recrutement des militaires techniciens de l’Air.
Une application des méthodes de planification : le recrutement des militaires techniciens de l’Air (T 254)
Selon le rapport Jean de Gaulle (1994), la planification consiste à « organiser un futur désiré » en se dotant « des moyens d’y parvenir dans un cadre temporel donné » (p. 47). Une activité planificatrice implique donc : un but, et une trajectoire contrainte par la dimension temporelle. Appliquée à la gestion des ressources humaines de l’Armée de l’air, cette conception revient à réaliser annuellement un niveau de recrutement qui lui garantisse un renouvellement de ses effectifs dans l’objectif de conserver dans le futur une armée jeune et en mesure d’assurer les missions qui lui sont dévolues.
Parmi les populations que l’Armée de l’air recrute, celle des militaires du rang dénommés militaires techniciens de l’Air (MTA) occupe une place particulière. Cette population, modestement diplômée, a une moyenne d’âge peu élevée. Entièrement contractuelle, elle se caractérisait jusqu’à la Révision générale des politiques publiques (RGPP), par un volume de recrutement supérieur à celui des autres populations de l’Armée de l’air. Notons aussi que les MTA sont, contrairement aux officiers et sous-officiers, recrutés directement par les bases aériennes avec l’appui des centres d’information et de recrutement des forces Armées dont l’action est pilotée par le bureau de recrutement de l’Armée de l’air.
Pour répondre aux objectifs drastiques de réduction d’effectifs (réduction de 25 % des effectifs en six ans) de la RGPP, l’Armée de l’air a décidé de faire porter l’effort sur la réduction des recrutements plutôt que sur des mesures coercitives de départ. Pour autant, au terme de la phase de déflation, l’équilibre entre recrutements et départs devra être retrouvé pour stabiliser le format. Une remontée des recrutements doit être impérativement planifiée pour prévoir l’indispensable évolution parallèle des capacités des chaînes de recrutement et de formation.
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