Dans sa stratégie, l’Otan accorde une place majeure au Caucase du Sud, une région qui embrasse la mer Noire et la mer Caspienne et donne accès à l’Asie centrale. Elle entend y entrer à travers la Géorgie. Cependant, l’adhésion de celle-ci à l’organisation rencontre des obstacles.
Le Caucase du Sud dans les intérêts militaires et géopolitiques de l'Otan (T 25)
Depuis le début du XXe siècle, de sérieux changements sont observés dans la vie politique de la région du Caucase du Sud. Les pays du Caucase du Sud ont eu une vague de crises politiques, durant les années 2003-2004. L’opposition soutenue par les politiciens et les observateurs occidentaux a considéré les élections présidentielles et législatives comme faussées au point de dénoncer une fraude électorale. Ces faits rendaient suspecte la légitimité des candidats élus et donnaient la possibilité à l’opposition, soutenue par des ressources financières de l’Occident, d’organiser de vastes manifestations. La Géorgie, soumise à des coups d’État à Tbilissi et en Adjarie peut servir d’exemple à ce scénario générique. Néanmoins, les effets de ces coups d’État ont été observés un an plus tard en Arménie, lorsque les grèves de protestation ont débuté.
En examinant tous ces faits dans le contexte de la politique militaire réalisée par les États-Unis et l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (Otan) en Eurasie, le lien entre ces événements est apparent. L’un des rôles-clés de cette stratégie est celui de la création d’un contrôle militaire dans le Caucase de Sud. « L’utilisation des militaires associés des États-Unis et de l’Otan pour la protection de l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan se planifie », a ainsi clarifié le général Charles World, commandant du contingent militaire des États-Unis en Europe, en novembre 2003. Selon C. World les produits pétroliers et gaziers du Caucase du Sud alimentaient l’Europe occidentale. Ce qui explique la volonté des États-Unis et de l’Otan de protéger cet itinéraire. Une protection qui est, de facto, la mission de l’Otan.
À la fin du mois de novembre 2003, le général World s’est rendu au Caucase du Sud. Lors de son discours tenu le 19 novembre à Erevan, il a mis l’accent sur le changement de la situation du monde entier et sur la possibilité accrue pour les États-Unis de trouver des alliés dans cette région où ils n’en ont jamais eu auparavant. « Et ces alliés comprennent bien les pays du Caucase du Sud », dit-il à la fin de son discours. Puis World a également effectué une visite officielle à Bakou. Le général y a exprimé son désir de veiller à ce que la coopération militaire des États-Unis avec l’Azerbaïdjan atteigne son maximum. Ces discours furent prononcés afin de déterminer les dispositions et la bonne volonté des pays du Caucase du Sud en matière de coopération avec les États-Unis et l’Otan.
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