Aéronautique - Retour au Secrétariat d'État à l'Air - La querelle des anciens et des modernes - Quelques mariages industriels - Les réalisations françaises à travers le monde
Le retour à une organisation comportant un ministre de la Défense nationale et trois secrétaires d’État aux départements traditionnels de la Guerre, de l’Air et de la Marine met fin à l’expérience longue de dix mois d’un secrétaire d’État aux Armements coiffant les directions techniques et sans aucun lien organique avec les Armées. La formule de l’Armement présentait un certain nombre d’avantages indiscutables. Ainsi pour toutes les relations interalliées concernant les constructions ou les cessions de matériels militaires, il est utile, sinon indispensable, qu’une autorité nationale unique centralise les problèmes relatifs aux forces terrestres, navales et aériennes. De même les problèmes d’organisation et de mobilisation industrielle, ainsi que les questions scientifiques et techniques en général, dépassent presque toujours le cadre d’un seul Département et sont avantageusement traités en commun dans un cadre interarmées. En revanche, l’organisation défunte présentait le grave défaut de confier à trois préfets délégués un rôle de coordination entre chacune des trois armées et ses services propres, mais sans aucune autorité sur la direction technique correspondante. Une telle organisation entraînait des difficultés considérables en séparant artificiellement la direction technique chargée de produire les matériels neufs des services de matériels chargés de l’entretien et du ravitaillement, la première relevant du secrétaire d’État à l’Armement, les seconds du Préfet délégué. Bien plus, le chef d’état-major d’une armée et le directeur technique homologués, soit par exemple le Chef de l’état-major de l’Armée de l’air et le Directeur technique et industriel de l’aéronautique (DTIA), ne relevaient d’une autorité commune qu’au niveau du ministre de la Défense nationale lui-même. Dès lors, tout conflit ou désaccord survenant entre l’État-major de l’Air et la Direction technique et industrielle devait obligatoirement être arbitré par le ministre lui-même qui se trouvait surchargé de questions n’ayant, la plupart du temps, aucun caractère interarmées ; il était par ailleurs mal conseillé pour analyser complètement les aspects techniques, l’ensemble des spécialistes qualifiés se trouvant à l’échelon du Secrétariat à l’Armement.
Cependant, il paraît souhaitable qu’un organisme de coordination technique et industrielle subsiste au sein du ministère de la Défense nationale. Peut-être même serait-il rationnel de reporter à cet échelon des attributions actuellement dévolues au Secrétariat général permanent à la défense nationale (SGPDN) qui serait alors supprimé, et de constituer à sa place, parallèlement à l’État-major des forces armées, un organisme permanent chargé des relations interalliées et interministérielles concernant la Défense nationale, à l’exclusion des problèmes purement militaires. Cet organisme se verrait confier en particulier toutes les questions scientifiques, techniques et industrielles qui n’entreraient pas dans le cadre des attributions propres à l’une des directions techniques spécialisées (Direction des études et fabrications d’armement, DEFA – DTIA - Direction centrale des constructions et armes navales, DCCAN).
Aux États-Unis comme en France la querelle des anciens et des modernes
Lors d’un grand exercice organisé aux États-Unis, sous le nom de SAGEBRUSH, de sérieuses rivalités se sont révélées entre forces terrestres et forces aériennes. En effet, l’armée de terre désirait expérimenter des unités de type tout à fait nouveau dotées d’hélicoptères et d’avions légers, dénommées « cavalerie aérienne », et chargées de recueillir, par les moyens les plus modernes (photographies à infrarouge, télévision, etc.), des renseignements aériens obtenus en survolant le territoire ennemi. Le commandement de l’US Air Force a protesté vigoureusement, estimant qu’il s’agissait là d’actions offensives au-dessus du territoire ennemi qui entraient donc dans le cadre général des missions réservées à l’USAF. Le secrétaire d’État [NDLR 2025 : le secrétaire à la Force aérienne des États-Unis] Donald A. Quarles a ordonné au général de l’USAF Otto P. Weyland de laisser exécuter cette manœuvre particulière, ajoutant qu’il s’agissait d’une opération purement expérimentale.
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