Marine - France : lancement de l'Agosta ; premier vol du Super-Étendard - Inde : cession d'un sous-marin soviétique - Maroc : cession d'un dragueur et situation de la flotte
France
Lancement de l’Agosta
L’Agosta, 1er des 4 sous-marins de 1 200 t à propulsion électrique inscrits au 3e plan d’équipement militaire (1970-1975), a été lancé le 19 novembre 1974 à Cherbourg en présence du ministre de la Défense. L’Agosta est le 80e sous-marin construit à Cherbourg. Il a été mis sur cale en novembre 1972 et sera présenté aux essais à la mer en octobre 1975 et admis au service actif au printemps suivant. Le Bévéziers, deuxième sous-marin de cette série, a été mis en chantier en mai 1973 : il sera lancé au printemps prochain. Les travaux de construction du Le Praya et du Ouessant sont en cours ; le premier sera en principe lancé en octobre 1975 et le deuxième en janvier 1976. Leur admission au service actif est respectivement prévue pour février et juillet 1977.
Ces quatre sous-marins seront les derniers à propulsion classique de notre Marine et la plupart de leurs équipements seront reproduits à bord de nos futurs Sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) dont le premier d’ailleurs sera mis en chantier en janvier 1976. En fait, ce bâtiment d’environ 2 500 t sera un Agosta nucléarisé.
Les caractéristiques de l’Agosta sont les suivantes :
• Déplacement :
– Genève : 1 200 t
– en surface : 1 490 t
– en plongée : 1 790 t
• Dimensions : 67,90 (hors tout) x 6,80 x 5,15 m.
• Propulsion : Diesel-électrique (1 moteur électrique principal de 3 400 kW - 1 moteur électrique de croisière de 23 kW - 2 groupes électrogènes de 850 kW - 1 hélice).
• Performances :
– Vitesse maximale : 20 nœuds en plongée.
– Distance franchissable au schnorchel : 7 000 nautiques à 10 nœuds.
– Autonomie : 45 jours.
• Armement : 4/Tube lance-torpilles (TLT) de 533 à l’AV avec un stock de 20 torpilles. Ces tubes, d’un nouveau modèle, permettent de lancer les torpilles quelles que soient la vitesse et l’immersion du sous-marin, ce qui représente un avantage considérable puisqu’il n’oblige pas le sous-marin à ralentir ou à venir près de la surface pour lancer. Ces tubes sont rechargeables dans des délais très restreints grâce à une installation de manutention très élaborée.
• Équipage : 7 officiers + 43 officiers mariniers et marins.
L’Agosta est le second bâtiment de notre Marine à porter le nom de la grande bataille où, le 22 avril 1676, Duquesne défit, près de Syracuse en Sicile, la flotte hollando-espagnole du célèbre amiral De Ruyter qui, d’ailleurs, mourut quelques jours plus tard des suites de ses blessures.
Le premier Agosta fut un sous-marin de 1 590 t lancé lui aussi à Cherbourg le 30 avril 1934 dans une cale voisine de celle où a été construit son successeur.
Premier vol du Super-Étendard
Le prototype 01 du Super-Étendard a effectué son premier vol le 28 octobre au cours duquel il a déjà répondu, en ce qui concerne les performances, aux clauses techniques.
Vers la fin de la décennie, le Super-Étendard sera le seul avion embarqué sur nos deux porte-avions Clemenceau et Foch. Les missions Anti-sous-marines (ASM) étant assurées à bord de ces bâtiments par hélicoptères ou à partir de la terre par les Atlantic, il reviendra au Super-Étendard d’assurer les missions suivantes :
– couverture aérienne de la flotte ;
– protection de la flotte contre les attaques par navire de surface ;
– attaque des objectifs terrestres ;
– reconnaissance photographique.
Caractéristiques :
– Envergure : 9,60 m.
– Longueur : 14,31 m.
– Hauteur : 3,85 m.
– Surface de référence : 28,4 m2.
– Poids à vide : 6 250 kg.
– Poids au décollage : 9 200 à 11 500 kg.
– Moteur : 1 réacteur Snecma 8K50 développant 5 t de poussée.
– Vitesse maximale à basse altitude : Mach 0,87.
– Vitesse maximale à 11 000 m : Mach 1.
– Vitesse de présentation pour appontage : 250 km/h.
Distance franchissable (attaque de navires avec missiles air-surface) : supérieure à 600 km.
Outre deux canons de 30, le Super-Étendard pourra transporter accrochés à 5 points d’emport à l’extérieur, soit des bombes, soit des roquettes, soit un panachage de ces armes, soit des missiles air-mer AM-39 Exocet. Il sera enfin doté d’un radar de veille et de tir développé conjointement par Thomson-CSF et l’Électronique Marcel Dassault.
Inde : cession d’un sous-marin soviétique
Un 7e sous-marin du type F soviétique vient d’être livré à la marine indienne. Il s’agit du Vagli. Remis à l’Inde à Riga, il a fait escale au Havre du 15 au 19 octobre avant de poursuivre sa route. La livraison d’un 8e bâtiment est attendue pour le début de l’an prochain.
Les sous-marins de la classe F sont de beaux bâtiments déplaçant 2 400 t en plongée. Leur vitesse maximale en immersion serait de 16 nœuds et leur autonomie de l’ordre de 75 jours. Au schnorchel, on estime qu’ils pourraient parcourir 12 000 nautiques à 5 nœuds. Leur armement comprend 10 TLT, avec un stock de 22 torpilles pouvant être remplacées par un poids équivalent de mines. La marine soviétique compte plus de 50 unités de ce type à son ordre de bataille.
Cette livraison attire l’attention sur la marine indienne.
L’ensemble de la flotte représente un total de 130 000 t environ dont 95 000 de bâtiments de combat. Elle comprend essentiellement :
a) matériel britannique et national :
– 1 porte-avions léger de 19 000 tonnes plein charge (tpc), le Vikrant (ex-HMS Hercules).
– 2 croiseurs anciens et démodés dont l’un est désarmé.
– 1 escorteur du type Leander construit en Inde ; cet escorteur de 2 800 tpc, baptisé Nilgiri, est entré en service il y a deux ans.
– 6 destroyers anciens ex-britanniques.
– 7 escorteurs de 1 150 à 2 300 t, commandés en Grande-Bretagne et relativement récents.
– 8 dragueurs de mines.
– 1 douzaine de vedettes et patrouilleurs légers divers.
– 1 LST (Bâtiment de débarquement de chars).
b) matériel soviétique :
– 7 sous-marins du type F.
– 10 escorteurs du type Petya de 1 100 t.
– 10 vedettes lance-missiles Osa (équipées chacune de 4 Styx).
– 5 patrouilleurs Poluchat.
– 2 navires de débarquement du type LCT (1 000 t).
– 1 bâtiment base de sous-marins type Ougra (9 500 t).
Trois escorteurs semblables au Nilgiri (Himgiri, Udaygiri, Dunagiri) sont en achèvement à flot ou en essais.
L’aviation navale constitue une branche autonome de la marine. Le matériel en service est d’origine française (Breguet Alizé, Alouette III), ou britannique (Sea Hawk, hélicoptères Sea King).
Le porte-avions embarque tous ces types d’appareils. L’acquisition d’avions du type Harrier pour remplacer les Sea Hawk, arrivés à limite d’usure, est toujours en question.
Le commandement de la marine est assuré par le Chief of Naval Staff assisté d’un Vice-Chief of Naval Staff.
Organiquement, la Marine est subdivisée en quatre grands commandements :
– le Fleet Command (c’est un vice-amiral qui arbore sa marque sur le porte-avions Vikrant) ;
– le Western Naval Command avec PC à Bombay ;
– le Eastern Naval Command avec PC à Vishakhapatnam ;
– le Southern Naval Command avec PC à Cochin.
Les principales bases sont :
– Bombay, premier port de guerre, siège d’un arsenal important,
– Cochin, base navale et aéronavale, siège de la plupart des écoles dans l’île de Willingdon,
– Goa, base aéronavale,
– Vishakhapatnam, base sous-marine et navale en plein développement avec l’aide soviétique.
Deux points d’appui secondaires ont été récemment créés à Port Blair dans l’archipel Andaman et Okha, non loin de la frontière pakistanaise.
Le personnel se monte à environ 30 000 hommes dont 2 300 officiers auxquels il faut ajouter de nombreux personnels civils. Le recrutement est difficile.
Pour remédier à cet état de choses, un recrutement universitaire pour les spécialités techniques est entré en vigueur en 1970. Après avoir eu recours aux écoles étrangères, la marine indienne forme maintenant elle-même ses propres officiers à son Académie navale de Cochin où sont accueillis également des stagiaires étrangers : Ghana, Nigeria, Irak, Malaisie, Indonésie, Sri Lanka, Éthiopie et maintenant Bangladesh.
Maroc : cession d’un dragueur et situation de la flotte
Fin novembre, le dragueur côtier français Aries a été cédé pour 4 ans à la marine marocaine. Outre ce dernier bâtiment, dont le nom marocain ne nous est pas encore connu, cette petite marine comprend :
– 1 escorteur côtier du type français Agile, le Lieutenant Riffi, entré en service en 1964 (374 tpc - 19 nœuds - 1/76, 2/40, 2 mortiers ASM, 2 grenadeurs) ;
– 1 patrouilleur de 153 tpc, l’Al Bachir, datant de 1967 (25,5 nœuds, 2/40 CA) ;
– 1 Engin de débarquement d’infanterie et de chars (Edic), le Lieutenant Malghach ;
– 1 vedette de 80 tpc, l’El Sabiq (ex-VC-12 de notre Marine) ;
– 1 yacht de 60 t servant à l’instruction.
Le tout est armé par environ 3 000 hommes dont 70 officiers.
Un plan quinquennal portant sur la période 1973-1977 prévoit la construction de :
– 2 patrouilleurs type PR72.
– 6 et peut-être 9 patrouilleurs type P32, armés de canons.
Plusieurs petits bâtiments amphibies dont 2 gréés en navires de commandement.
Ce plan est actuellement au stade d’avancement suivant :
• les 2 patrouilleurs type PR72 ont été commandés en juin 1973 à la Société française de construction navale (SFCN, contrat signé en mars 1973). Le premier va être lancé au début de l’an prochain et livré sans armement.
Caractéristiques :
– Déplacement : 440 tpc.
– Dimensions : 57,50 x 7,60 x 2,50 m.
– Propulsion : 4 Diesels AGO de 2 760 CV, 4 hélices.
– Vitesse : 28 nœuds.
– Distance franchissable : 2 500 N/16 nœuds.
– Armement : 1/76 CA : 1/40 CA.
– Équipage : 45 hommes dont 5 officiers.
• les 6 petits patrouilleurs type P92 ont été commandés (contrat signé en février 1974) aux Constructions mécaniques de Normandie (CMN). ♦