Défense en France - Les débats à l'Assemblée nationale sur les problèmes de défense
Les débats qui ont eu lieu le 21 mai 1975 à l’Assemblée nationale sur les problèmes de défense, à la suite de cinq questions orales posées par MM. d’Aillières, Le Theule, Villon, Max Lejeune et Chevènement au ministre de la Défense, n’ont guère retenu l’attention de la grande presse, mis à part le journal Le Monde qui leur a consacré deux pages dans son édition du 23 mai 1975. On peut le regretter car ces débats apportent sur le sujet une information substantielle, fournissent l’occasion de cerner les problèmes essentiels qui se posent à notre défense aujourd’hui, permettent de distinguer les approches suivant lesquelles les partis les abordent, d’apercevoir l’importance que le gouvernement leur accorde et l’orientation des solutions qu’il entend leur apporter.
Il ne peut être question ici de rendre compte de façon exhaustive de ces débats qui tiennent plus de quarante pages serrées du Journal des Débats de l’Assemblée nationale (1). Bornons-nous à certains points particulièrement sensibles. Il s’agit entre autres de l’arme nucléaire tactique, de l’adaptation des structures des armées et de leurs missions, du service national, de la planification à long terme et du budget de 1976.
L’arme nucléaire et son emploi
Dans une déclaration liminaire. M. Jacques Chirac, Premier ministre, avait tenu à faire observer que la France menait une politique pacifique, n’aspirant à aucune hégémonie mais entendant n’en subir aucune, entretenant des forces non plus pour faire la guerre mais pour l’empêcher, pour dissuader, c’est-à-dire décourager l’agression. S’étant forgé de ses propres mains un arsenal nucléaire, elle a acquis la capacité d’exercer sa défense et d’engager son destin en toute souveraineté.
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