Marine - Cap sur l'Europe
À l’heure où s’édifie l’Union européenne, ses États-membres se souviennent que, par nature, « la mer est un chemin qui réunit ». Cette observation de l’amiral Castex s’est deux fois récemment appliquée. Fin mai, Toulon recevait une flottille de dix bâtiments de la Bundesmarine, qui pendant trois semaines se sont entraînés en compagnie de navires de guerre français. Habituées à naviguer en Baltique et en mer du Nord pour des opérations liées à la défense des détroits baltes, les vedettes lance-missiles allemandes sont venues éprouver leurs méthodes en coopération avec les avisos de la Méditerranée. Cette rencontre était baptisée Fauves 92 ; il s’agissait d’affiner les aptitudes de chacun à l’exécution de missions communes.
En juin, l’exercice Farfadet associait aux Français les Italiens, les Espagnols et les Anglais, pour une vaste opération interarmées destinée à protéger, puis à évacuer des ressortissants mis en péril par une situation de crise. Les moyens navals engagés comprenaient les porte-avions Foch et Garibaldi, les bâtiments de transport opérationnel Foudre et Fearless, ainsi que de nombreux escorteurs. Ce genre d’intervention est bien dans la ligne de celles que devraient mener les armées des nations de l’Union de l’Europe occidentale (UEO), et en premier lieu leurs marines, si une crise dégénérait en menaces directes sur la vie d’Européens résidant outre-mer.
Les entraînements conjoints des marines de l’UEO vont se multiplier à mesure que la politique de sécurité commune de l’Europe prendra forme. Ils sont d’ailleurs autant le fruit d’une volonté que d’une nécessité. Sur mer, les marins vivent de leur solidarité : n’est-il pas naturel que l’entente européenne trouve directement à s’exprimer chez eux ? Ces quelques lignes tenteront d’apporter un éclairage sur les raisons d’un tel rapprochement et sur ses modalités d’application.
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