Défense à travers la presse
On regrettera que la campagne pour le référendum du 20 septembre 1992 en France n’ait pas donné lieu à un débat sur le titre V du traité de Maëstricht concernant la politique commune de sécurité. Les tensions monétaires du moment ont dévié le discours vers la monnaie unique. Or, l’un des slogans les plus souvent avancés par les tenants du oui ne fut-il pas : « L’Europe, c’est la paix » ? Il eût été bon de confirmer cette assertion par une analyse convaincante du traité et de ses conséquences. On s’en garda bien, l’incantation devant se suffire à elle-même, et la presse n’a pas jugé utile de combler ce vide, à l’exception de La Croix dans l’une de ses pages quotidiennes d’analyse thématique.
Autrement dit, l’électeur n’aura pas été éclairé sur l’un des aspects majeurs du traité, à charge pour lui d’élucider un texte que tous considèrent comme particulièrement abscons. Cette déficience est d’autant plus navrante qu’il existe dans le domaine stratégique et militaire une singularité française, du fait de notre arsenal nucléaire, mais aussi pour avoir souscrit, en Afrique, des accords de défense avec des États étrangers à l’Europe communautaire. La place de notre pays en la matière aurait mérité d’être l’objet de plus d’attention.
La France ne court-elle pas le risque un jour d’être écartelée entre ses obligations et les engagements du traité ? Ne l’est-elle pas déjà dans les mentalités ? comme l’observe Serge July dans Libération du 21 septembre 1992 :
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