Défense à travers la presse
Washington et Moscou ont signé l’accord START II sur leur désarmement nucléaire ; peu après, cent trente pays s’engageaient à renoncer à l’arme chimique : de telles affaires semblent maintenant banales à l’opinion. La peur nous a quitté, il ne nous reste plus que l’indignation face à ce qui se passe dans les Balkans, en Somalie, dans le sud du Soudan, au Cambodge… L’indignation est moins éprouvante que la crainte et, du reste, les missions de nos casques bleus ne sont-elles pas de nature à nous apaiser ?
Nous ne préparons pas la guerre, nous ne la faisons plus, et nos soldats sont acheminés quelque part pour s’interposer entre ceux qui ne respectent pas le code des militaires. Saluons leur abnégation, interrogeons-nous aussi sur le rôle essentiel de l’armée et l’honneur qu’elle y trouve. De nouveaux mythes surgissent et remplacent la pensée logique. Celle-ci est née à Delphes, mais aujourd’hui nos comportements sont dictés par le palais de Manhattan. Il en résulte plus de servitudes que de grandeur.
L’assassinat du vice-Premier ministre bosniaque, dans un véhicule des forces de l’ONU, n’est à la gloire de personne. Nos confrères tentent toutefois d’en tirer les leçons. Pour Philippe Marcovici, du Quotidien de Paris (11 janvier 1993), cet acte inqualifiable a ses responsables :
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