Depuis sa création, il y a plus de 60 ans, le Centre national d’études spatiales a toujours eu une dimension duale, conférant à la France puis à l’Europe une autonomie stratégique dans le domaine spatial. Face aux nouveaux enjeux, il appartient d’accroître l’effort, d’autant plus que l’Espace est devenu une nouvelle zone de conflictualité. Le Cnes constitue un atout décisif pour notre stratégie nationale et européenne.
Face aux enjeux spatiaux contemporains, pour une approche duale affirmée
An Assertive Dual Approach to Contemporary Challenges in Space
Since its creation over 60 years ago, the National centre for space studies (Centre national d’études spatiales—CNES) has always had a dual dimension, offering both France and Europe strategic autonomy in space matters. In the face of new challenges increased effort is needed, especially since space has become a new field of conflict. CNES is a key asset for our national and European strategy.
Des prémices des programmes spatiaux à la présence humaine permanente en orbite basse, des premiers lancements au développement de constellations de milliers de satellites, le spatial, malgré sa relative jeunesse, a connu une évolution extrêmement rapide marquée par de nombreuses transformations. La politique, les systèmes, les acteurs et les enjeux actuels sont désormais profondément différents de ceux d’origine. Pour autant, ils restent liés, plus ou moins directement, à l’univers de la défense et ce, bien avant que l’Espace ne soit entendu comme une zone de conflictualité au sens de notre doctrine. Si l’on y regarde bien, son développement a intrinsèquement suivi celui des activités militaires, par exemple via les synergies entre les lanceurs et les missiles. En France, son caractère dual a toujours été reconnu et mis à profit par les autorités civiles comme militaires.
En effet, depuis sa création il y a plus de 60 ans, le Centre national d’études spatiales (Cnes) a évolué autour d’un modèle profondément dual, singulier, voire unique au monde. Celui-ci est une chance et une force pour notre autonomie et nos programmes. Alors que le spatial sert nos intérêts scientifiques, économiques ou diplomatiques, chacun de ses pans peut être mis au service de nos intérêts militaires. C’est autour de cette vision que le Cnes a construit sa coopération étroite avec le ministère des Armées, un de ses ministères de tutelle. À ses côtés, le Cnes implémente au quotidien les priorités définies dans la stratégie spatiale de défense décidée en 2019 (1) autour de deux principes : la souveraineté et l’usage dual. Qu’il s’agisse d’opérations spatiales en lien avec le Commandement de l’Espace (CDE), de la conduite de programmes spatiaux militaires et duaux, du développement de capacités de connaissance de l’environnement spatial, ou encore de notre relation de longue date avec la Direction générale de l’armement (DGA), nous entretenons une dynamique nous permettant de tirer le meilleur parti des technologies à des fins civiles, tout en répondant au mieux aux besoins opérationnels de nos forces armées. De plus, ce système a aussi permis d’éviter des duplications inutiles de moyens et de consolider efficacement une filière industrielle spatiale d’excellence.
Activités spatiales : une véritable révolution
L’écosystème spatial est marqué par de profondes mutations liées certes au phénomène New Space mais également aux nouveaux rapports de domination alors que le spatial évolue dans un savant équilibre entre des coopérations internationales et une compétition permanente. La France dispose aujourd’hui d’une triple expertise reconnue et appréciée à tous les niveaux, qu’il s’agisse des activités de recherche, du secteur commercial ou des opérations militaires. Ces capacités que nous avons su développer sont essentielles car elles sont un atout indispensable dans nos actions souveraines et servent les intérêts de notre autonomie stratégique nationale comme européenne.
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