Le Groenland a régulièrement suscité la convoitise des États-Unis. Le président Donald Trump a réitéré ses ambitions d’annexion sur un ton brutal, dédaignant de fait la souveraineté du Danemark. Au regard des ambitions américaines, c’est désormais un sujet de discorde avec l’Europe mais aussi un signal envoyé à des États comme la France ayant des territoires ultramarins.
Le Groenland, un sujet sérieux
Greenland: A Serious Matter
Greenland has regularly excited American covetousness. President Donald Trump has bluntly reiterated his ideas for annexation and poured scorn on Denmark’s sovereignty. These US ambitions and declarations make it a divisive issue with Europe but they also send a signal to countries like France, which have overseas territories.
En 2019, Donald Trump, 45e Président des États-Unis, proposait au Danemark de lui acheter le Groenland, vaste île polaire de 2,2 millions de kilomètres carrés (quatre fois la France) recouverte à 80 % par la calotte glaciaire. Fin 2024, une fois élu 47e Président, il déclarait : « Pour des raisons de sécurité nationale et de liberté dans le monde, les États-Unis estiment qu’il est absolument nécessaire de posséder et de contrôler le Groenland » (1). Et, après avoir prêté serment, il ajoutait : « On ne sait même pas si le Danemark a des droits légaux dessus mais, s’il en a, il doit les abandonner parce que nous en avons besoin pour une question de sécurité nationale » (2).
Une affaire qui vient de loin
Une histoire scandinave
Après un peuplement primitif amérindien et quelques razzias vikings, le Groenland accueillit des populations inuites au XIIe siècle. L’île fut rattachée dès 1262 à la couronne norvégienne, qui perdit sa souveraineté au profit du Danemark en 1814. Longtemps simple colonie, le Groenland devint alors une « communauté » du royaume du Danemark en 1953. Vingt ans plus tard, le territoire intégra la Communauté économique européenne (CEE), mais il s’en retira dès 1982 sous la pression des autonomistes locaux. L’île bénéficia alors d’un statut de large autonomie, qui fut renforcé en 2008. Depuis, Copenhague ne conserve que des compétences monétaires, militaires et diplomatiques. Aujourd’hui, le Groenland est un « pays constitutif » du Danemark ainsi qu’un Territoire d’outre-mer associé à l’Union européenne ([Pays et] PTOM).
Une histoire américaine
Estimant que le Groenland appartenait à l’espace géographique américain, le président Andrew Johnson, 17e Président des États-Unis, fit en 1867 une première offre d’achat au Danemark, dans le droit fil de la « doctrine Monroe » (3). Puis, en 1946, le président Harry Truman, 33e Président, réitéra cette offre en proposant 100 M$ à Copenhague.
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