La relation entre l’Iran et la Russie est ambiguë et complexe avec une dimension militaire importante mise en lumière depuis le soutien au régime syrien de Bachar el-Assad et accélérée avec la guerre en Ukraine. Téhéran fournit des drones et des missiles tandis que Moscou transfère des technologies aéronautiques et nucléaires. La question d’une alliance d’opportunité reste posée.
Le Chat persan dans l’ombre de l’Ours russe : une relation de coopération militaire singulière
The Persian Cat in the Shadow of the Russian Bear: A Rather Special Relationship of Military Cooperation
The relationship between Iran and Russia is complex and ambiguous, and has a significant military dimension, given the support for Bashar al-Assad’s regime in Syria, that has grown with the war in Ukraine. Teheran supplies drones and missiles whilst Moscow transfers aeronautical and nuclear technologies. The question of an alliance of opportunity remains open.
Le renversement, spectaculaire de par son caractère subit, du régime de Bachar el-Assad constitue un séisme géopolitique régional aux attendus probablement insoupçonnés, notamment pour l’alliance incertaine qui s’est nouée entre Téhéran et Moscou sur deux théâtres de guerre distincts, à savoir celui du Proche-Orient et celui de l’Ukraine, lesquels ne sauraient être dissociés même s’ils semblent géographiquement éloignés.
La chute de Bachar el-Assad, le 8 décembre 2024, acte un affaiblissement simultané de deux alliés réunis par leur situation d’État-paria, mais entretenant par ailleurs une méfiance sous-jacente profonde – remontant à un passif historique inhérent à l’occupation soviétique du Nord de la Perse pendant la Seconde Guerre mondiale – masquée par des intérêts opportunément convergents. C’est ce qui a conduit l’Iran, préalablement engagé en partenariat avec la Russie à partir de 2015 pour « sauver » – momentanément – le régime de Damas, à fournir par la suite des drones-kamikazes, voire des missiles, à la Russie, destinés à pallier une insuffisance sur ce segment d’armement dans la guerre imposée à l’Ukraine, en échange d’une promesse de livraison d’avions de combat et d’une compréhension douteuse en matière de développement nucléaire.
La question aujourd’hui consiste à tenter de déterminer en quoi cette relation d’intérêt est susceptible d’être affectée par ces événements d’une portée sans précédent, alors que Donald Trump est de nouveau entré en fonction en janvier 2025.
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