L’industrie spatiale française a longtemps été structurée par les grands programmes comme Ariane. Cependant, face à la révolution du New Space, la France a développé des nouvelles filières portant sur l’innovation avec un tissu dense de start-up portant des projets prometteurs permettant de rester compétitifs dans la compétition internationale.
L’industrie spatiale française peut-elle entrer en mode économie de guerre ?
Can the French Space Industry Go Into War Economy Mode?
The French space industry has long been constructed around major programmes such as Ariane. Faced with the New Space revolution, France has developed new sectors which draw on innovation, and has a dense network of start-ups that offer promising projects which allow the nation to remain competitive among international competition.
Dans son ouvrage intitulé Vers la guerre ? (1), le ministre des Armées Sébastien Lecornu s’interroge sur la préparation de la France face au réarmement du monde : « Sommes-nous prêts ? » Pas d’indépendance nationale sans industrie de défense, sans Base industrielle et technologique de défense (BITD) ! Pas d’autonomie stratégique non plus sans industrie spatiale pour la conduite des opérations, sans Base industrielle et technologique spatiale (BITS) !
Or, ce qui caractérise l’industrie spatiale est sa capacité à faire des produits de très haute qualité et de très haute technologie, des pièces sur mesure, voire uniques, donc très coûteuses : on pense particulièrement au dernier satellite d’observation militaire français CSO-3 placé sur orbite ce 6 mars 2025, fabriqué par Airbus Defense and Space et Thales Alenia Space pour un coût de 920 millions d’euros et de 1,75 milliard € pour le programme, sans compter une facture d’environ 25 à 30 M€ due aux retards répétés du lanceur Ariane 6.
Comment une industrie dont les programmes et les coûts ne semblent pas être maîtrisés peut-elle entrer en mode économie de guerre, c’est-à-dire générer des fabrications à la chaîne avec des séries étendues pour des prix de production abaissés et des technologies plus robustes ? Et le ministre de poursuivre : « “Économie de guerre”, la formule a été prononcée pour la première fois par Emmanuel Macron lors de son discours au salon Eurosatory en juin 2022, il l’a définie alors comme “une économie dans laquelle il faudra aller plus vite, réfléchir différemment sur les rythmes, les montées en charge, les marges, pour pouvoir reconstituer plus rapidement ce qui est indispensable pour nos forces armées pour nos alliés ou pour celles et ceux que nous voulons aider”. »
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