Le Nicaragua est de plus en plus un régime totalitaire sous la coupe de son président Daniel Ortega et de son épouse vice-présidente. Managua s’aligne sur Beijing, bénéficiant de son aide économique, et sur Moscou, pour le volet militaire. Il faudra regarder avec attention la politique de la nouvelle Administration Trump à l’égard de ce pays désormais dirigé par un quasi-dictateur.
Amérique latine - Nicaragua : le méthodique abandon démocratique
Latin America—Nicaragua: The Methodical Abandonment of Democracy
Nicaragua is increasingly becoming a totalitarian regime under the thumb of Daniel Ortega, the president, and his wife, the vice-president. Managua aligns with Beijing, benefiting from its economic aid, and with Moscow, for military aid. We need to keep a close eye on the policies of the new Trump Administration regarding this country now led by a virtual dictator.
Depuis son retour au pouvoir en 2007, le président Daniel Ortega a progressivement consolidé son emprise sur le Nicaragua, un modeste pays d’Amérique centrale (1). Il a renforcé son pouvoir par une série de mesures autoritaires et répressives contre ses détracteurs (déchéances de la nationalité nicaraguayenne pour de nombreux opposants, expulsions du pays des journalistes indépendants et des membres du clergé jugés trop critiques, répression sanglante des manifestations d’opposition, fermeture de centaines d’ONG…).
Après la révision de la Constitution intervenue fin janvier 2025, le régime sandiniste a progressivement assumé et institutionnalisé son caractère totalitaire sur le plan intérieur. En outre, ses alliances avec la Chine et la Russie, ainsi que ses actions favorisant une immigration clandestine vers les États-Unis depuis d’autres continents, notamment africain, constituent un véritable problème géopolitique pour l’Amérique latine et sans doute pour les États-Unis présidés par Donald Trump. Ce foyer de tensions recouvre plusieurs facettes : en termes de gouvernance, de situation économique et sécuritaire, autant d’éléments bloquant le processus d’intégration centraméricaine.
Un abandon démocratique institutionnalisé
En 1979, Daniel Ortega était un des dirigeants du Front sandiniste de libération nationale (FSLN) qui renversait le régime dictatorial de la dynastie des Somoza (1937-1979). Il fut même le premier Président élu démocratiquement de 1985 à 1990. Après 17 années dans l’opposition et trois échecs à l’élection présidentielle (1990, 1996 et 2001), il revenait au pouvoir démocratiquement (2) sans ne plus jamais le quitter. Après sa réélection en 2011 qui a été globalement acceptée, il commençait véritablement à étendre son emprise sur les institutions à partir de 2014, date à laquelle il faisait amender la Constitution par l’Assemblée nationale à majorité sandiniste, afin de supprimer la règle interdisant d’effectuer plus de trois mandats consécutifs (3).
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