Asie - Corée du Nord : de sincères signes de détente ?
Pendant le premier semestre 2002, la Corée du Nord semblait s’enfermer dans son isolement. Classée par le président américain parmi les pays formant « l’axe du mal », elle n’avait rien fait pour répondre aux gestes du président Sud-coréen, M. Kim Dae-jung. Le grave incident naval du 29 juin dernier semblait avoir définitivement enterré la politique de la main tendue de ce dernier. Soudain, le mois suivant, Pyongyang annonçait s’orienter vers une amorce d’économie de marché. La reprise des négociations avec le Sud et le Japon a abouti à des résultats très positifs au point que le Premier ministre japonais a annoncé, événement historique, qu’il allait se rendre en Corée du Nord. Avec les États-Unis eux-mêmes, des signaux positifs rendent fort possible la reprise du dialogue.
Pourquoi maintenant ?
Depuis 1995, la Corée du Nord ne survit que grâce à l’aide internationale, mais seulement la moitié des besoins estimés par le Plan mondial de l’alimentation a été fournie par une communauté internationale déçue par l’absence de gestes positifs de Pyongyang après l’historique sommet intercoréen de juin 2000. Conscient de l’échec de leur système économique, les Nord-Coréens ont timidement commencé, en juillet 2002, à introduire quelques mesures de libéralisation économique qui se sont manifestées notamment par l’alignement des prix officiels de quelques produits alimentaires sur ceux pratiqués par les paysans. Le prix du riz a ainsi été augmenté de 30 à 50 fois. Le won a été ramené à une valeur de change proche des cours pratiqués sur le marché noir, soit 150 wons pour un dollar au lieu du cours officiel précédent de 2,15 wons pour un dollar. Une nouvelle échelle des salaires, marquée par plus d’écarts a été appliquée, avec une hausse moyenne correspondant à 18 fois plus qu’auparavant.
L’ouverture économique devrait prendre modèle sur la voie tracée par la Chine. S’il est trop tôt pour faire une estimation de la réalité des réformes, le discours tenu par les autorités de Pyongyang est nouveau. Selon une déclaration de la délégation générale en France, le 26 juillet : il s’agit de « mener une réforme en se débarrassant de ce qui est soviétique dans le système de gestion du pays… Les travailleurs seront payés à la juste valeur de leur travail, alors qu’auparavant ils n’ont pas suffisamment montré d’ardeur au travail en raison de la gratuité et des mesures sociales » ; selon la même déclaration, il s’agit de « supprimer la subvention de l’État dans la définition des prix ». Pour un pays communément décrit comme le dernier État stalinien de la planète, ce serait une véritable révolution.
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