La menace terroriste
Dans notre thème de réflexion, traiter du terrorisme c’est déjà postuler que le phénomène entre dans cette problématique : une évidence pour les esprits avertis, mais encore une interrogation pour les opinions publiques et nombre de décideurs politiques et économiques. L’action terroriste, par sa violence et sa soudaineté, est trop souvent vécue comme un accident social dont la dimension politique est gommée pour ne pas dire éludée par des gouvernements souvent désarmés par une menace diffuse, difficilement maîtrisable, et par une opinion publique prompte à enfouir dans son subconscient collectif le message de la terreur.
Banaliser l’attentat, le réduire à un événement accidentel participe de cette volonté d’édulcorer la véritable signification d’une agression fondamentalement politique. L’acte terroriste, quelle qu’en soit la forme, serait donc pour certains une des manifestations des déviations sociales des États modernes au même titre que la criminalité ordinaire, une forme de violence produite par les démocraties occidentales à l’aube du troisième millénaire ne nécessitant pas un traitement particulier. Cette perception a minima, souvent ajoutée aux comportements égocentriques des États refusant de prendre en compte une menace transnationale dès lors qu’ils ne sont pas directement et immédiatement concernés, constitue un des ressorts de la stratégie opérationnelle élaborée par les acteurs du terrorisme.
Pourtant cette menace est une des causes majeures de déstabilisation de nos démocraties, de plus en plus fragilisées par les tensions internes de nature politique, sociale ou économique dans un environnement international instable. Elle constitue ainsi un des facteurs importants de crise à l’aube du XXIe siècle et doit sous cet angle être évaluée tant d’un point de vue quantitatif que qualitatif. Toutefois l’aspect géopolitique du phénomène renvoie à une autre interrogation : le terrorisme peut-il mettre en danger la paix ? La réponse, hier incertaine, est aujourd’hui assurément affirmative.
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