La guerre économique
Pourquoi peut-on parler aujourd’hui de guerre économique mondiale ? De 1945 au début des années 60, l’Europe et le Japon ont été plongés dans la reconstruction qui a fait suite aux destructions de la Seconde Guerre mondiale. Pendant cette période, les PNB des États européens et du Japon ont crû au rythme d’environ 4 % par an. Le commerce international a également augmenté du même pas, c’est-à-dire que la part des échanges internationaux dans la richesse mondiale est restée la même. À partir du début des années 60, et plus précisément en 1962-1963, jusqu’en 1973, année de la première crise pétrolière, un phénomène nouveau a fait son apparition : le commerce mondial s’est mis à croître beaucoup plus vite en volume que la richesse, à un rythme annuel supérieur de près de 7 % certaines années à celui du PNB mondial. De 1973 à aujourd’hui, sauf lors de la crise du pétrole de 1979, la part du commerce international a de nouveau augmenté par rapport au PNB mondial. Donc à partir de 1962-1963, la part des échanges entre les nations a doublé voire triplé dans la création de richesse. En Allemagne, par exemple, la part du commerce extérieur dans le PNB est passée de 7 à 8 % au début des années 60 à 33 % aujourd’hui, les taux étant un peu inférieurs en France, nettement plus faibles aux États-Unis et au Japon.
Sur chaque méridien du monde se croisent des navires chargés des mêmes produits et cette boulimie d’échanges, industriels pour l’essentiel, 5 000 milliards de dollars annuellement, 7 000 à 8 000 si l’on y ajoute les services et les invisibles, démontre que les nations se livrent à une compétition effrénée qui a toutes les caractéristiques d’une guerre dont les acteurs seraient les entreprises et les firmes multinationales.
Cette compétition devra pourtant s’assagir : si l’on extrapole la situation actuelle, le commerce international, qui se chiffre déjà à près du tiers de la richesse produite annuellement par la planète, devrait en représenter les deux tiers avant 2010 et l’humanité ne travaillera plus que pour l’exportation dans vingt-cinq ans. En France, par exemple, toute notre production de biens et services sera exportée tandis que nous importerons l’équivalent de la richesse produite par notre pays.
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