La déstabilisation du monde
Il me semble que la première question qui se pose est de savoir quelle est la source majeure des conflits de notre temps : est-elle le choc des civilisations, comme le suggère la thèse du professeur Huntington ? l’absence de centralité comme le suggère la thèse du professeur Laïdi ? l’éveil des nationalismes, l’affrontement des fondamentalismes ou le désarroi comme il est suggéré par beaucoup d’autres ?
Mon hypothèse est que, paradoxalement, c’est au moment même où le communisme s’est effondré que les conflits sociaux ont paru les plus déterminants ; ce n’est pas nécessairement dans le sens de la lutte des classes comme l’entendait Marx, mais dans celui de l’opposition entre deux exigences : la construction du marché mondial et la préservation de la cohésion de l’organisation sociale. Pour expliquer cette position, je vais aborder très brièvement quatre questions : la globalisation, la stratégie d’adaptation à cette dernière, ses conséquences et, enfin, la nécessité d’une nouvelle approche de la question.
Qu’est-ce que la globalisation ?
Sous l’impulsion de la révolution techno-scientifique, portée par le développement des communications et de l’informatique, les relations internationales connaissent une véritable mutation. Il s’agit de la mondialisation des marchés économiques, de l’intégration du champ géopolitique et de l’éclatement des espaces culturels nationaux. Le nouveau monde est fait d’interférences et d’interdépendance.
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