Enjeux de sens et de puissance au XXIe siècle
L’évaluation des risques dans le monde d’aujourd’hui appelle deux constats initiaux. Le premier est que dans le monde aléatoire, ambivalent et réversible dans lequel nous entrons, l’écart qui sépare la crise de la stabilité, le succès de l’échec, les progrès des régressions sera sans nul doute de plus en plus mince. Cela condamnera de fait toutes les « grandes architectures » qui auraient pour ambition de garantir pour plusieurs décennies la paix ou l’équilibre du monde.
Le second constat tient au fait que le paradoxe d’un monde globalisé, mais très inégalement intégré, réduit considérablement les risques systémiques globaux. En effet, malgré certaines légendes, le monde est encore très loin d’être intégré. Techniquement parlant, le marché des changes est le seul à l’être véritablement, si on définit l’intégration non pas seulement comme un simple processus d’interaction, mais comme un ensemble indifférent au volume des transactions. On dira par exemple que deux marchés financiers sont intégrés s’ils interréagissent indépendamment des transactions qui existent entre eux.
De surcroît, la fin de la bipolarité et l’effritement des alliances géopolitiques traditionnelles réduisent les risques d’enchaînement mécanique de ces dernières. Il n’y a plus d’alliance mécanique, car il n’y a plus de risque clairement identifiable commun à tous.
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