Réflexions sur la notion de supériorité aérienne
L’expression « Supériorité aérienne » occupe dans le vocabulaire et la littérature militaires, une place chaque jour plus grande. Aucun règlement ni aucune instruction ne voient plus le jour sans qu’elle y figure pour y être souvent commentée. Aucun exercice ni aucun thème tactique ne se jouent plus sans que la « Supériorité aérienne » soit garantie à l’un des partis et refusée à l’autre. Aucune étude stratégique ou tactique ne se poursuit plus sans qu’elle soit largement prise en considération. Le succès qu’elle remporte, si incontestable et si parfaitement naturel qu’il soit, n’en suscite pas moins une certaine appréhension chez ceux qui n’ont pas la certitude absolue que cette expression corresponde à l’heure actuelle à une notion très précise et universellement admise.
Faute peut-être d’avoir été analysée de façon assez détaillée pour donner lieu à une définition unique, la notion de supériorité aérienne se prête aujourd’hui à maintes interprétations, offre à certains débats l’occasion de se muer en véritables « dialogues de sourds » et, manquant d’une base solide, ne peut que difficilement évoluer au rythme des progrès techniques modernes.
Nous ne croyons donc pas faire œuvre inutile en apportant ici notre contribution à la résolution du problème important de sa mise au point. Ainsi, nous arrêterons-nous tout d’abord quelques instants sur deux définitions extraites de documents officiels bien connus et montrerons pourquoi elles nous paraissent devoir être toutes deux corrigées. Ensuite, ayant analysé la source possible de l’erreur commise, nous chercherons à préciser à quoi pourrait correspondre théoriquement cette notion de supériorité aérienne. Enfin, nous situerons le problème dans le cadre de la technique actuelle ou immédiatement à venir pour aboutir autant que possible à une solution valable aujourd’hui plutôt qu’hier.
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