Traitant plus particulièrement, jusqu'à maintenant, des questions relatives à la péninsule ibérique, le chef de bataillon Jérôme Pellistrandi aborde cette fois-ci l'évolution de la situation stratégique et la réorganisation de l'armée de terre française. Nous rappelons, que cet officier est affecté au centre de recherche et d'étude de doctrine de l'armée de terre, organisme dépendant du commandement de la doctrine et de l'enseignement militaire supérieur. Il donne ici son point de vue personnel, qui n'engage pas celui de son organisme.
Quelles réponses pour l'Armée de terre aux menaces de demain ?
Alors que la prochaine loi de programmation (2003-2008) commence à devenir d’actualité et que les comités de préparation entament leurs travaux conceptuels, il est intéressant de réfléchir aux défis auxquels l’armée de terre sera confrontée et aux réponses possibles qu’elle devra proposer. À cet égard, les leçons du Kosovo seront profitables à condition de rester réaliste et de ne pas céder aux mirages du « tout technologique », très séduisant médiatiquement, mais illusoire quant à la réalité humaine. De fait, le maître mot pour l’avenir pourrait être « complexité ».
Refuser cette nouvelle donne reviendrait à condamner nos armées à devenir le conservatoire passéiste, donc inutile, d’une conception obsolète de la réalité de la violence du monde, de la place de l’institution militaire dans la société française, et du rôle de la défense dans les relations internationales.
Complexité des menaces et des risques que certains transforment en fantasmes manichéens, complexité des systèmes d’armes requérant une maîtrise de plus en plus rigoureuse par les utilisateurs, complexité des scénarios d’engagement aux règles aléatoires mettant en permanence nos unités dans des situations extrêmes et exigeant intelligence et réactivité de la part du commandement, complexité des rapports entre le militaire, le politique et l’opinion publique.
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