Outre-mer - Burundi : rébellion, répression… génocides - Madagascar : la crise de mai
La presse internationale consacrait récemment plusieurs colonnes de ses journaux à la situation au Burundi. Des informations en provenance d’Afrique faisaient état d’une rébellion aggravée d’affrontements raciaux et matée par le gouvernement de Bujumbura à l’issue d’une campagne de répression impitoyable. Enfin divers témoignages, mettant l’accent sur les antagonismes tribaux, laissaient craindre que les massacres de l’ethnie révoltée ne dégénèrent en génocide. Le pape Paul VI et M. Kurt Waldheim, Secrétaire général de l’ONU, ont exprimé leur inquiétude devant la dégradation de la situation. Mais l’opinion publique accaparée par des événements autrement sensationnels, notamment la guerre au Vietnam et la rencontre de Moscou, n’a guère accordé d’attention à ce drame qui semblait se dérouler dans un autre monde. Car ce pays, dont on dit qu’il est à feu et à sang, est en vérité fort mal connu.
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Minuscule territoire d’une superficie de 27 834 km2, coincé au cœur de l’Afrique entre la Tanzanie, le Zaïre et le Ruanda [Rwanda], baignant ses rives dans le lac Tanganyika, le Burundi est formé d’une série de plateaux s’élevant d’Est en Ouest jusqu’à la crête, avoisinant 3 000 m et constituant la ligne de partage des eaux du bassin du Congo et du Nil ; celui-ci, du reste, prend modestement sa source dans le Bururi, sous le nom de Luvironza qu’il changera successivement pour ceux, tout aussi inconnus, de Ruvuvu et de Kagéra avant de se laisser engloutir, en Tanzanie, par le lac Victoria.
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