Publiées régulièrement, ces analyses inédites d’ouvrages sont en accès libre, tout comme les recensions publiées dans l’édition mensuelle.
Docteur en géopolitique, auteur de nombreux ouvrages consacrés à la Chine, pays qu’il a sillonné en tous sens depuis vingt ans, fondateur et directeur du Centre d’études, de développement et de recherches sur l’immigration et la Chine (CEDRIC), Pierre Picquart se livre à un plaidoyer enthousiaste à l’égard du projet des nouvelles routes de la soie.
Stéphane Courtois, directeur de recherches au CNRS, maître d’œuvre en 1997 du Livre noir du communisme, nous livre ici une biographie politique de Lénine inspirée de la méthode d’Alexandre Soljenitsyne, lequel, « dans son grand œuvre, La Roue rouge, a cherché à dégager des nœuds structurant le récit historique des moments où l’histoire bascule et prend une direction irrémédiable ».
Traditionnellement, un « as » est un pilote de chasse qui peut se prévaloir d’au moins cinq victoires aériennes homologuées. Pourquoi précisément cinq victoires ? Avant-guerre, le titre d’« as » avait été proposé par la presse française pour qualifier les exploits du coureur cycliste Lucien Petit-Breton, vainqueur de cinq grandes courses. Le mot est resté, le nombre de victoires requises aussi.
Sorti quelques mois avant les élections européennes, le court essai de Jacques Myard, diplomate de formation, gaulliste de conviction, comme il se présente, ancien parlementaire, maire de Maisons-Laffitte, n’a rien perdu de son actualité. À l’évidence, les Parlements nationaux se sont rendu compte qu’ils ont été dépossédés de bien de leurs pouvoirs. Il y voit une des causes du Brexit. D’où son plaidoyer en faveur d’une réorientation de la construction européenne qui laisserait plus de compétences aux démocraties nationales, en respectant mieux le principe de subsidiarité.
Il s’est agi au départ d’une initiative d’origine purement privée ou citoyenne, née dès 1965 dans une école de Novossibirsk, en Sibérie, là où l’Académie des sciences disposait d’un de ses centres de recherche des plus importants. Le 9 mai, jour de la victoire contre l’Allemagne nazie, fut organisé un défilé des « Vainqueurs », arborant les portraits de vétérans brandissant le slogan « Héros de la victoire, nos arrière-grands-pères et nos grands-pères ». Devenue une institution, relayée par la presse, elle s’étendit rapidement dans bien d’autres villes de l’URSS avec des marches qui furent baptisées « Régiment immortel » ; tous les combattants acquérant de ce fait le statut d’immortel.
L’Europe n’a plus la cote. Subissant concomitamment le Brexit, la montée des populismes et la montée en puissance des « démocraties illibérales », le projet européen est en panne. Entre son élargissement bâclé à l’Est et son approfondissement démocratique raté, l’Union européenne est visiblement dans une impasse. Depuis un demi-siècle, la Suisse nous regarde tranquillement et s’interroge sur son positionnement à notre égard.
La première visite qu’effectua Donald Trump, un jour après son investiture, fut au siège de la CIA à Langley. Après avoir eu maille à partie avec les maîtres espions américains lors de sa campagne présidentielle était-ce l’heure de la réconciliation ? Toujours est-il qu’il n’y est resté qu’un quart d’heure et a proclamé qu’il était derrière les gars, en promettant d’octroyer à l’Agence plus de moyens qu’auparavant. Il s’est prononcé aussi à titre personnel partisan convaincu de l’usage de la torture écartant d’un revers de main toutes les polémiques qui avaient porté sur cette pratique ainsi que sur l’existence des prisons secrètes de la CIA à l’étranger.
La NVA (Armée populaire nationale), constituée officiellement le 1er janvier 1956, avec ses 170 000 hommes formés à la prussienne, a été l'un des principaux piliers de la RDA et offrait un concours militaire essentiel à l’URSS sur le théâtre européen. Chacun se souvient durant la « guerre froide » du « saillant de Thuringe » d’où était censée provenir l’offensive qui donnerait le signal d’une nouvelle guerre mondiale.
Pendant des siècles, l’iconographie représentait les rois et les princes chefs d’État avec un uniforme militaire, l’épée au flanc. Cette symbolique signifiait le lien étroit entre le souverain et la guerre. Par essence divine, le Roi était chef de guerre et malheur à lui s’il perdait la bataille, sa légitimité étant remise en cause.
Au moment où était célébré avec ampleur, le 75e anniversaire du débarquement du 6 juin en Normandie et que les chaînes télévisées programmaient les grands films relatant cette épopée – Le Jour le plus long et Il faut sauver le Soldat Ryan – il paraît bien utile de se plonger dans le livre documenté et argumenté de Dominique Lormier. Lieutenant-colonel de réserve, membre de l’Institut Jean Moulin, auteur de nombreux ouvrages, il met à jour des vérités méconnues ou dénonce des idées préconçues.
À l’heure où tout le monde s’interroge sur la pérennité de l’ordre libéral international établi en 1945, il paraît plus nécessaire que jamais de s’interroger sur ce qu’est un ordre mondial, comment se constitue-t-il, quels sont ses fondements ou principes et quelle est sa durée. Car tout ordre mondial, subit les effets du temps. C’est précisément l’objet du riche et stimulant dernier ouvrage d’Eugène Berg, ancien diplomate, ancien maître de conférence à Sciences Po Paris, professeur de géopolitique au CEDS, auteur de divers ouvrages de géopolitique, et rédacteur régulier de recensions dans la Revue Défense Nationale. Dans un effort louable de synthèse et de pédagogie, il décrit la succession des divers ordres d’abord européens, puis mondiaux, depuis les guerres d’Italie, à la fin du XVe siècle jusqu’en 1945, lorsque les conférences de Yalta et de Potsdam ont réglé la situation internationale à l’issue de la Seconde Guerre mondiale.
De mémoire d’homme, on s’est déclaré la guerre pour une vache, un cochon, des crabes ; des batailles meurtrières ont été livrées pour un seau de bois, un panier de pommes, des gâteaux impayés, une oreille conservée dans un bocal, des taxes sur le whisky, voire des déjections d’oiseaux de mer. Les Anglais ont attaqué Zanzibar, les Iroquois l’Allemagne, l’Allemagne le Liberia et l’armée australienne fut mise en échec par des troupeaux d’émeus ; le Salvador bombarda le Honduras pour des matchs de football et la Suisse « envahit » le Liechtenstein par erreur écrivent les auteurs bien qu’il ne se soit agi d’aucun envahissement mais d’une simple erreur de parcours, tant est étroit le territoire du duché surtout la nuit.
Tout chef, surtout s’il est militaire, devrait lire L’Archipel français. Pour la simple et bonne raison que cette enquête événement, publiée en mars 2019, donne à voir la réalité de la société française, cette société dans laquelle s’incarne le ministère des Armées et dans laquelle il puise la ressource humaine nécessaire à l’accomplissement de ses missions, à hauteur d’environ 25 000 recrutements par an.
Les récents événements survenus en Algérie qui se sont soldés par le retrait d'Abdelaziz Bouteflika et de son clan de la scène politique, du fait d’une mobilisation sans précédent de la population algérienne, surtout des jeunes et des femmes, ont certainement ravivé l’intérêt que nous portons à notre important voisin au Sud de la Méditerranée.
Depuis 1970, la Syrie est associée à la famille Assad. D’abord façonnée par Hafez el-Assad jusqu’à son décès en 2000, incarnée depuis lors par son fils Bachar, qui ne devait pas lui succéder, la Syrie est au centre de l’actualité internationale depuis le début de la rébellion contre le régime en 2011, dans le prolongement des « Printemps arabes » en Égypte et en Tunisie, entre autres. La survie du pouvoir alaouite est devenue l’objet d’une rivalité entre, d’une part les Occidentaux (États-Unis, Grande-Bretagne, France), Israël et l’Arabie saoudite et, d’autre part l’axe russo-iranien, qui a finalement permis au régime syrien de reprendre l’ascendant dans le conflit.
Des entretiens se sont tenus à l’Académie des sciences morales et politiques en novembre 2017, consacrés au retour du nucléaire militaire, que cet ouvrage reproduits. Les intervenants, à la suite de Georges-Henri Soutou, se demandent si on assiste à la fin d’un ordre nucléaire marqué jusque-là par la stabilité, sinon la prévisibilité. En effet, l’ordre nucléaire qui avait régné des années 1950 à 1991, date de la disparition du duopole américano-soviétique, reposait sur quatre piliers.
Dans l’introduction de la sixième édition de cet annuaire, synthèse la plus complète qui soit couvrant tous les domaines, secteurs et activités se rapportant à la Russie, œuvre de plus d’une quarantaine d’experts des deux pays, Arnaud Dubien, directeur de l’Observatoire franco-russe s’interroge : qu’est ce qui prévaudra en Russie dans les mois à venir, la continuité ou les turbulences ?
L’exécution du tsar Nicolas II et de la famille impériale russe dans le sous-sol de la maison Ipatiev à Ekaterinbourg, dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, a fait couler beaucoup d’encre. Elle q suscité de nombreuses légendes, notamment sur la survie de certaines des grandes-duchesses (dont, la plus célèbre, Anastasia).
Il s’agit du quatrième ouvrage dédié à la Russie de la part de Harpia Publishing complétant les volumes précédents décrivant les aéronefs. Il permet de présenter l’organisation et les structures des forces aériennes russes aujourd’hui qui comprennent autour de 2 300 avions et un millier d’hélicoptères. D’autres services mettent en œuvre des aéronefs dont le FSB avec une centaine d’avions et 250 hélicoptères.
Les Éditions Pierre de Taillac poursuivent leur remarquable travail autour de notre Armée de terre avec un nouvel album richement illustré et commenté par le colonel Cyrille Becker, ancien chef de corps du 13e BCA à Chambéry et docteur en histoire, associant ainsi l’expertise militaire et scientifique.
« Le cours de la mondialisation change sous nos yeux, donnant une singulière densité à notre époque. C’est à chacun de s’y préparer pour ne pas céder à l’affolement. » Tel est le constat de Thomas Gomart, patron de l’Institut français des relations internationales (Ifri) depuis 2015, et telle est, avec cet essai, sa contribution à cette nécessaire préparation face à l’emballement du monde.
Élevé sur le pavois en 1918 parce qu’il dirigeait les armées alliées, le maréchal Ferdinand Foch (1851-1929) a reçu après la guerre en France et à l’étranger la plupart des lauriers de la victoire. Il en résulta une floraison de récits hagiographiques où la part du mythe et celle de la réalité devinrent très vite impossibles à discerner. La biographie fouillée et équilibrée de Jean-Christophe Notin permet enfin de dégager un portrait objectif d’une figure emblématique de l’histoire de notre pays.
Jean-Pierre Filiu, après avoir largement exploré le Proche-Orient avec ses derniers ouvrages (Histoire de Gaza, Fayard, 2012 ; Le Nouveau Moyen-Orient, Fayard, 2013 ; Le Miroir de Damas, La Découverte, 2017…), s’essaie à un nouveau genre d’exercice : un roman graphique de près de 300 pages, en collaboration avec le dessinateur David Beauchard, dont ce n’est pas la première expérience en bande dessinée historique (La Lecture des ruines, Dupuis, 2011). Celui-ci met son trait – évoquant les peintres allemands de l’entre-deux-guerres (Georges Grosz, Otto Dix…) – au service de l’historien qui entreprend la très vaste tâche de nous raconter de manière factuelle l’histoire des relations entre États-Unis et Moyen-Orient, remontant jusqu’en 1783 avec les altercations entre US Navy et pirates barbaresques en Méditerranée, avant de s’arrêter en 2013 à l’aube de la guerre en Syrie.
Napoléon III, Lincoln, Clemenceau, Churchill, Staline, Hitler, Ben Gourion, Johnson, Mitterrand et Chirac : dix figures historiques, dix chefs d’État face à la guerre et dans la guerre. Telle est la fresque guerrière et politique dans laquelle nous guide le général Henri Bentégeat, fort d’une expertise et d’un recul qui rendent son propos particulièrement pertinent.
Au moment où des bruits de bottes se font à nouveau entendre dans le golfe Arabo-Persique et où la désinformation bat son plein, il est indispensable de chercher à mieux comprendre et à décrypter les vrais ressorts des situations que nous vivons et pour cela ne pas être victime du narratif fabriqué par les organismes officiels et complaisamment repris par des médias qui, bien souvent, ne sont désormais plus que des diffuseurs de fausses nouvelles. Résister à la manipulation de l’information, qui a certes toujours existé, mais qui est plus menaçante que jamais ; en d’autres termes, chercher à découvrir le « dessous des cartes » sans évidemment tomber dans le piège du « complotisme ».
La RDN est fière d'accompagner Nemrod – Enjeux contemporains de défense et de sécurité et ses auteurs dans la promotion de ce Cahier de la RDN. Venez retrouver l'équipe et les auteurs de « La guerre des sanctions » le mercredi 2 avril à la Librairie Pedone à Paris pour un temps d'échange sur ce sujet qui fait l'actualité.
Rendez-vous :
Mardi 2 avril
18h30-20h30
13 rue Soufflot – 75005 Paris
Librairie Pedone
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