Publiées régulièrement, ces analyses inédites d’ouvrages sont en accès libre, tout comme les recensions publiées dans l’édition mensuelle.
L’incendie le 16 avril 2019, par une belle fin d’après-midi de printemps, de la cathédrale Notre-Dame a constitué un événement majeur dont les échos ont traversé l’opinion publique mondiale tant le symbole était fort. Mais face à ce drame dantesque qui a failli emporter un des édifices les plus emblématiques et visités au monde, l’engagement massif de la BSPP a été vécu comme une bataille historique contre le feu et qui a permis de sauver la plus célèbre cathédrale du monde.
Contrairement à ce que son titre laisse penser, ce livre n’est pas à strictement parler un livre d’histoire. L’ambition de son auteur, Thomas Flichy de La Neuville, spécialiste de l’Iran et géopoliticien, est plutôt de déterminer ce qui constitue le moteur de la puissance iranienne sur la longue durée, de « modéliser » cette puissance iranienne. Si l’on prend comme point de départ la géographie, les contraintes naturelles du plateau iranien ont fait naître des îlots de culture originaux, favorisés par l’isolement relatif. L’Iran s’est ainsi doté d’une puissance imaginative, spirituelle et militaire.
La chute de l’Empire romain est à la mode, peut-être parce que beaucoup y voient un rappel d’un certain nombre de maux qui accablent aujourd’hui la civilisation occidentale… Mais justement, cette « chute », quels facteurs l’ont provoquée ? Et finalement, a-t-elle réellement eu lieu ?
Augusto Pinochet (1915-2006) appartient à la longue lignée des dictateurs sud-américains qui ont longtemps sévi en arrivant et en se maintenant au pouvoir par la violence. Et hélas, ce ne sont ni les généraux Alcazar et Tapioca, chez Tintin, qui peuvent révéler la réalité de ces régimes construits sur l’anticommunisme et le pouvoir personnel. D’où l’intérêt de cette biographie sur Pinochet et qui permet de mieux comprendre à la fois le parcours de cet officier et l’histoire du Chili au cours de la deuxième moitié du XXe siècle.
Ce troisième volume qui fait partie d’une série qui en comprendra quatre, est tout aussi dense et captivant que les deux précédents qui couvraient la guerre de ses origines dans la lointaine Antiquité jusqu’à ses formes industrielles, objet de celui-ci.
À la fois penseur et homme d’action, l’amiral James Stavridis livre avec Sea Power (publié en 2018) son opus magnum. Pétri de culture maritime et militaire, celui qui fut le seul amiral à occuper le poste de commandant suprême des forces de l’Otan nous emmène dans un voyage où les océans du monde sont mis en perspective non seulement sur le plan historique, mais surtout sur le plan stratégique. Par la plume de l’auteur, sept portions de la planète bleue (le Pacifique, l’Atlantique, l’océan Indien, la Méditerranée, la mer de Chine méridionale, la mer des Caraïbes et l’Arctique) prennent vie sous nos yeux, au gré d’un balancier permanent entre la hauteur de vue d’un amiral blanchi sous le harnais et les souvenirs du jeune midship qu’il fut au tournant des années 1970.
La maison d’éditions Weyrich nous propose un nouveau Mook très bien documenté sur la bataille des Ardennes en mettant l’accent sur l’emploi des blindés au cours de cette offensive majeure de l’hiver 1944-1945, mais trop souvent négligée dans l’historiographie française. En effet, après la bataille de Normandie et la libération de Paris, la mémoire nationale a plutôt conservé les combats dans les Vosges et en Alsace, car les troupes françaises y sont en première ligne alors que la bataille des Ardennes concerne essentiellement les forces américaines avec l’appoint de quelques bataillons belges sur les lignes arrière et se situe du côté des Ardennes belges. D’où l’intérêt de cet ouvrage richement illustré avec des articles apportant des éclairages très opportuns, voire novateurs sur cet épisode décisif qui vit le Reich nazi emporter ses derniers succès tactiques mais échouer sur le plan stratégique.
L’AML Panhard figure en bonne place parmi les objets emblématiques des armées françaises, tant sa silhouette est associée à nos Opex. De l’opération Tacaud en Mauritanie en 1978 à la chevauchée de Serval en 2013, les petits blindés à roues de Panhard sont intimement liés à l’action militaire de la France. Ayant inscrit à son livret militaire plus d’un demi-siècle au combat, l’AML Panhard méritait qu’un bel ouvrage lui soit consacré, enfin. L’initiative en revient à Charles Maisonneuve, l’un de nos meilleurs experts en France de la cavalerie et de l’arme blindée. Avec cette réalisation, le président d’honneur de l’association « Saumur » signe son cinquième ouvrage.
Pendant cinq ans de guerre, la France a reçu un véritable déluge d’explosifs. Après les bombes allemandes et italiennes du printemps 1940, vinrent les bombes alliées pendant l’Occupation. Dans les quatre années qui suivirent la défaite, les Alliés déversèrent sur notre pays 588 000 tonnes de bombes, soit six fois le tonnage lancé par l’Allemagne sur l’Angleterre pendant toute la guerre. Gilles Ragache nous relate ici dans le détail la plupart de ces drames oubliés.
Avec cet ouvrage, l’auteur illustre avec brio dans un ouvrage passionnant comment un travail de thèse peut devenir un vrai livre d’histoire qui sera désormais la référence pour les chercheurs qui aborderont l’étude des prémices de l’engagement du Japon dans la Seconde Guerre mondiale. Le professeur Barjot le confirme dans la préface en affirmant que cet ouvrage fera date par son originalité et sa rigueur scientifique.
Raoul Delcorde, diplomate belge, fait ici une brève histoire de la mondialisation ou comment la fin de la guerre froide a correspondu à celle de l’ordre westphalien. À la toute-puissance des États s’est substituée une société-monde où de nouveaux acteurs sont entrés dans la danse (ONG, communautés scientifiques, villes, grandes entreprises, etc.). Désormais, la planète entière se trouve interconnectée, les problèmes (notamment économiques, sociaux et environnementaux) des uns concernent forcément les autres.
Universitaire, spécialiste de l’Islam médiéval, Gabriel Martinez-Gros décrypte dans ce livre singulier l’histoire des cinq siècles de l’Empire islamique, de la mort du prophète en 632 jusqu’à l’émergence des sultanats turcs au XIe siècle en passant par les conquêtes, la mise en place du califat, l’éclosion et la chute des dynasties omeyyades, abbassides et fatimides. Plus largement, il se livre également à une réflexion sur la vie des empires où les dynasties de leurs fondateurs se consolident dans la première génération de leur existence, atteignent leur floraison dans la deuxième et agonisent dans la troisième. Enfin, il nous apporte un éclairage tout à fait intéressant sur les origines du shiisme et du sunnisme.
Le journal en ligne Mer et Marine, traitant au quotidien de l’actualité maritime sur son site (http://www.meretmarine.com), nous propose ici un hors-série exceptionnel sur l’ensemble des flottes navales et aéromaritimes mises en œuvre par la France et ses différentes administrations. Cet annuaire fait un point exhaustif de tout ce qui flotte et vole au service de la France, et le résultat est impressionnant avec ce recensement couvrant tout l’éventail. Le document permet ainsi de voir, outre l’importance majeure de la Marine nationale, le reste du dispositif qui concourt ainsi à l’action de l’État en mer. C’est également une mise en perspective avec les projets en cours et à venir à l’horizon 2030-2040.
Face à la paralysie stratégique due aux fronts continus de la Première Guerre mondiale, deux réponses très différentes sont proposées par les belligérants. Les Britanniques proposent une solution d’ordre mécanique avec la mise au point des chars d’assaut et leur engagement opérationnel, notamment à Cambrai en octobre 1917. Les Allemands quant à eux explorent la voie tactique, avec l’organisation de « troupes d’assaut » (Stosstruppen) à Riga d’abord en septembre 1917, puis à l’ouest l’année suivante. Dans les années 1930, la combinaison de ces deux approches donnera naissance à ce que les journalistes de l’époque nommeront la « guerre éclair », le Blitzkrieg.
Pendant des années, l’historiographie dominante nous a présenté l’Espagne médiévale sous domination musulmane comme un pays de cocagne multiculturel où chrétiens, juifs et musulmans vivaient en harmonie au sein d’une civilisation brillante. L’universitaire américain Dario Fernandez-Morera nous montre ici qu’il n’en fut rien, en dépit des « entreprises académiques subventionnées qui visent à réécrire l’histoire à travers le prisme du présent ». Non seulement les non-musulmans durent subir massacres et humiliations, mais la civilisation remplacée avait atteint un niveau culturel sans commune mesure avec celui de ses envahisseurs, niveau qui fut réduit en cendres par la conquête.
Pour comprendre la dissuasion, il faut écouter – et lire – ceux qui la vivent au quotidien. Tel est l’idée de départ de l’amiral François Dupont, premier commandant du Triomphant, le premier des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de nouvelle génération, l’un des quatre SNLE NG de la force de frappe. Dans ce récit, il nous restitue la réalité d’une patrouille opérationnelle, en commençant par l’embarquement puis, très vite, on passe dans le quotidien du bord, heure par heure, durant soixante-dix jours.
Un bon thriller est parfois le meilleur vecteur pour ramener à la surface certaines périodes de l’Histoire aujourd’hui oubliées, même si elles ne sont pas si anciennes. C’est le cas de Black Sun, un thriller policier d’Owen Matthews, qui nous rappelle ce que fut la guerre froide, la vraie…
Les communs désignent des modes de gestion de ressources matérielles ou immatérielles. Ils sont fondés sur le partage des potentialités de ces ressources ou de leurs bénéfices, et ne relèvent ni de la propriété privée ni du domaine public d’un État. Ils mobilisent des collectifs (ou communautés) peu ou pas institutionnalisés, et répondent à des règles plus ou moins implicites. Par communs, il faut comprendre non pas ce qui est inappropriable, mais ce qui ne peut/doit faire l’objet d’une appropriation exclusive.
Ce livre est dédié à l’étude de « L’empire des sables », c’est-à-dire pour une large part du Sahara et de ses confins entre 1860 et 1960. Durant un siècle, dans cet espace immense et face à une situation complexe et mouvante, l’armée française et singulièrement les Troupes coloniales, ont inventé ex nihilo des organisations et des modes d’action adaptés au contexte géographique, religieux, climatique et sanitaire pour mettre fin aux rezzous et imposer une paix durable. Puis à partir de 1930, de « guerriers », le rôle des coloniaux muta en celui de « gestionnaires ».
La guerre est souvent un vecteur d’innovation. À cet égard la Seconde Guerre mondiale est tout à fait emblématique. On lui doit notamment le radar, le moteur à réaction, la fusée, l’arme atomique… ; mais aussi, et ceci est moins connu, l’informatique, le DDT et la pénicilline. Cette course à l’innovation technologique a donné lieu à un intense affrontement entre les scientifiques des Nations belligérantes que nous relate ici Jean-Charles Foucrier.
Ce nouveau Mook publié par les éditions belges Weyrich et richement illustré porte sur la deuxième moitié de l’année 1944, une fois que la difficile bataille de Normandie eût été gagnée par les Alliés. Il est vrai que dans la mémoire collective – souvent défaillante – la libération de la France s’achève quasiment avec la libération de Paris le 25 août, le symbole de la capitale étant central dans la culture politique nationale et dans le mythe républicain de la France combattante, construit alors à la fois par le général de Gaulle et également revendiqué par le PCF.
Sébastien Boussois, chercheur associé à l’université libre de Bruxelles, a vécu au Maroc où il se rend plusieurs fois par an. En donnant la parole à de nombreux représentants de ce pays, il en dresse un panorama bien actuel et diversifié. Il donne également la voix aux Marocains de la diaspora qui fait partie des dix plus grandes diasporas du monde ; 1,6 million de Marocains sont établis en France et 600 000 en Belgique à la suite de l’accord Maroc-Belgique de 1964.
Andrei Martyanov a servi comme officier dans la marine soviétique, avant d’immigrer aux États-Unis dans les années 1990 et d’y travailler comme ingénieur dans le domaine des armements. Il nous explique dans cet ouvrage pourquoi « l’hégémonie autoproclamée des États-Unis dans le champ militaire est terminée ». Sa démonstration se fait à plusieurs niveaux.
M. Thierry Zarcone, directeur de recherche au CNRS et rattaché à l’École des hautes études en sciences sociales, est connu pour ses travaux sur la Turquie, l’Asie centrale, le soufisme et les confréries islamiques, ainsi que pour les sociétés secrètes dans le monde musulman dont il révèle l’importance dans Mystiques, philosophes et francs-maçons en islam (Éditions Jean Maisonneuve, 1993) et dans de nombreuses contributions au Journal d’Histoire du Soufisme. M. Franck Frégosi dans la postface de l’ouvrage souligne que M. Zarcone « a dépouillé d’innombrables archives maçonniques inédites pour se livrer à une opération érudite et raisonnée de déconstruction de la mythologie maçonnique de l’Émir » (p. 255).
Le Moyen-Orient a toujours connu diverses formes de violence : guerres civiles, conflits interétatiques, confrontations asymétriques, vagues de terrorisme. Cette situation s’est encore profondément détériorée depuis le début du XXIesiècle avec les catastrophes politiques et humanitaires, en Syrie, en Irak ou au Yémen. À ce tableau déjà sombre, il faut ajouter les violences qui ont resurgi depuis 2015 en Turquie avec les répressions menées par Ankara contre les Kurdes et les tensions permanentes en Israël/Palestine liées à la perpétuation de l’occupation du territoire palestinien (Cisjordanie, Gaza et Jérusalem-Est) par Israël depuis la guerre des Six Jours de juin 1967.
La RDN est fière d'accompagner Nemrod – Enjeux contemporains de défense et de sécurité et ses auteurs dans la promotion de ce Cahier de la RDN. Venez retrouver l'équipe et les auteurs de « La guerre des sanctions » le mercredi 2 avril à la Librairie Pedone à Paris pour un temps d'échange sur ce sujet qui fait l'actualité.
Rendez-vous :
Mardi 2 avril
18h30-20h30
13 rue Soufflot – 75005 Paris
Librairie Pedone
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