Pour profiter de leurs numéros numériques, les abonnés doivent avoir un compte en ligne            

Janvier 1990 - n° 505

En adressant à nos lecteurs les vœux de toute l’équipe de Défense Nationale pour l’année 1990, nous savons à l’avance que celle-ci sera, à beaucoup d’égards, une année de changements et donc d’incertitudes en même temps que d’espoirs. Lire la suite

  p. 11-12

Le service militaire

  p. 13-30
  p. 31-44

« La mort est ce qui a été donné de plus précieux à l’homme. C’est pourquoi l’impiété suprême est d’en mal user. Mal mourir. Mal tuer. »
Simone Weil (La pesanteur et la grâce)

  Lire les premières lignes

  p. 45-52

Repères - Opinions - Débats

N’y a-t-il pas lieu de modifier, dès maintenant, la posture de défense de la France dès lors que le monde communiste est en évolution rapide ? Beaucoup le pensent qui remarquent que l’environnement de sécurité de l’Europe est en pleine mutation. Mais avant de modifier l’équilibre des forces, l’auteur propose de rénover et d’enrichir le discours de défense pour faciliter l’arbitrage entre les quatre logiques qui fondent la sécurité de la France : dissuasion, protection, intervention et rétorsion… Lire les premières lignes

  p. 53-62

L'extraordinaire accroissement du trafic aérien, civil et militaire, et l'ancienneté des conventions le concernant ont eu pour conséquence la naissance, dans l'espace aérien, de tout un système réglementaire destiné à éviter les incidents et développer la sécurité. En revanche, l'espace maritime, doté d'une convention récente, a maintenu un certain nombre de principes juridiques issus de l'expérience. Il en résulte des différences sensibles entre les aspects de la défense aérienne et de la défense maritime. L'auteur, qui fut pendant de longues années délégué permanent à la IIIe Conférence des Nations unies sur le droit de la mer, tente de résumer ces divergences et de souligner la spécificité du droit de l'espace, dont le fondement est désormais assuré.

  p. 63-74

Un club de réflexion lyonnais, animé par l'auteur, s'est interrogé sur la place des régions françaises dans l'Europe d'aujourd'hui… et de demain. Cette étude, effectuée au moment où paraissait l'article de notre collaborateur Bernard Guillerez (mai 1989), auquel sont empruntées quelques formules, permettra de prolonger la réflexion sur un sujet quelque peu négligé jusqu'ici en France, mais qui mérite une attention sereine.

  p. 75-86

L'auteur invite les Occidentaux à juger avec circonspection les tentatives soviétiques de rapprochement avec les grandes organisations financières et commerciales internationales, de façon à ne pas risquer de perturber des équilibres toujours fragiles.

  p. 87-95

Après avoir exposé, dans notre livraison d'octobre dernier, la position de l'URSS à l'égard du conflit israélo-arabe, l'auteur analyse celle de la nouvelle Administration américaine (Bush), plus conciliante que la précédente (Reagan), ayant d'ailleurs fait passer au second plan les problèmes du Proche-Orient en raison des bouleversements en Europe de l'Est.

  p. 97-112

L'appartenance du Maroc à deux ensembles, le Grand Maghreb et la Communauté économique européenne, est le vœu du roi Hassan II. L'auteur, fidèle de notre revue, analyse les possibilités pour cet État de voir exaucer la seconde partie du vœu de son souverain. Il nous explique les motivations de ce dernier, en particulier sa double culture ; il nous décrit aussi les difficultés qu'il faudra vaincre pour parvenir à une telle fin.

  p. 113-125

Un des pays les plus pauvres du monde malgré un potentiel remarquable, avec une des armées les plus nombreuses qui soient, des dirigeants confits dans leur idéologie marxiste-léniniste ayant pourtant fait la preuve d'un échec sans précédent, voilà le Vietnam d'aujourd'hui sans qu'on puisse très bien préciser son avenir ! L'auteur nous brosse un tableau des événements récents qui se sont déroulés dans un pays resté cher au cœur de bien des Français.

  p. 127-143

Cet article n'est pas exhaustif, mais il permet, de par sa présentation, de se rendre compte du danger latent bien réel que représentent le piratage informatique et les virus informatiques. Actuellement le sujet est souvent éludé. Il n'en reste pas moins que son exploitation éventuelle à des fins terroristes ou de guerre devra être pris en compte par nos sociétés occidentales. La seule déstabilisation économique partielle ou totale par ce biais peut annihiler tout moyen de défense militaire ou civile, sans entamer le potentiel économique et les vies humaines en jeu, pour rendre ingouvernable un État. Il s'agit donc d'une opération toute bénéfique et sans risque pour l'attaquant.

  p. 145-153
  p. 155-162

Chroniques

On a vu s’exprimer ici et là le regret que, face à ce qui se passe à l’Est, l’Europe occidentale n’affiche pas plus de cohésion et plus d’audace. L’enthousiasme reste un privilège des individus, on ne saurait exiger qu’il impose ses élans aux États ou aux institutions. La pondération laisse intacte la sagacité qui doit prévaloir en de telles circonstances. Comment se hâter devant des phénomènes en cours et dont les résultats ne sont pas encore acquis ? Toute précipitation ne pouvait être qu’insolite et eût présenté des risques qu’on ne devait pas courir inconsidérément. Lire les premières lignes

  p. 163-166

Dans la revue Survival de septembre-octobre 1989, Lawrence Freedman, professeur d’études de la guerre au King’s College de Londres, jette une douche d’eau froide sur les enthousiasmes provoqués par la maîtrise des armements classiques en Europe. Pour lui, cet optimisme à tous crins a pour origine les changements en cours dans les relations Est-Ouest, malgré des difficultés considérables telles que la complexité des problèmes et l’asymétrie des situations militaires. De part et d’autre, il semble qu’il existe une réelle volonté politique d’aboutir ; des résultats ont déjà été acquis. Il est probable qu’on arrivera à la parité pour tout ce qui est offensif et l’on s’est entendu sur la division de l’Europe en zones. Il reste cependant des discussions d’ordre technique qui risquent d’être fort longues. Lire les premières lignes

  p. 167-173

Qu’ils aient des implications diplomatiques et surtout économiques, les bouleversements qui ont eu lieu au mois de novembre 1989 à l’Est, nul n’en doute mais on ne saurait s’en tenir à ces aspects. Ils sont primordiaux car ils sont à la base des événements et qu’ils exigent des solutions rapides et appropriées. Ils le sont moins au regard de l’équilibre militaire et de la sécurité en Europe. Une situation nouvelle émerge, dont les stratèges devront tenir compte. En principe l’Alliance atlantique, à vocation purement défensive, n’est pas remise en cause, mais elle va se trouver confrontée à la faculté qu’a l’Union soviétique de tirer parti des forces comme des faiblesses de son voisinage. Lire les premières lignes

  p. 174-177

Revendiqués comme un droit par les uns, considérés comme un risque d’ordre stratégique ou commercial par les autres, les transferts de technologie occupent tout naturellement une place de premier plan au sein des préoccupations de l’ensemble du monde politique, économique et bien sûr militaire. Lire les premières lignes

  p. 178-180

Les études lancées en octobre 1988 sur le service national ont été soumises au ministre de la Défense, Jean-Pierre Chevènement, en février 1989 pour le rapport du contrôle général des armées sur l’exécution du service militaire, en juin 1989 pour celui du député Guy Michel Chauveau (Parti socialiste) sur la diversification du service. Seul ce dernier a été rendu public (conférence de presse du 12 octobre 1989), amputé du chapitre consacré aux réserves. Parallèlement, le Secrétariat général de la défense nationale (SGDN) avait établi un dossier sur les formes civiles du service. Les propositions de ces rapports ont fait l’objet de réunions interministérielles sous l’égide du Premier ministre, et les mesures adoptées doivent être rendues publiques lors d’un Conseil des ministres. Les données numériques et qualitatives de ces problèmes ayant été traitées dans les chroniques d’avril à juillet 1989, on se contentera ici de résumer le constat relatif aux inégalités devant le service, d’en faire un commentaire critique et d’indiquer les propositions sur lesquelles une décision est susceptible d’être prise. Lire les premières lignes

  p. 181-185

En octobre 1988, la DPMAT (Direction du personnel militaire de l’Armée de terre) faisait appel au cabinet de conseils en organisation Arthur Andersen afin de remédier aux insuffisances constatées dans son système d’information et d’apporter des solutions techniques pour mieux adapter son outil informatique aux besoins. Lire les premières lignes

  p. 186-187

Adoptée par l’Assemblée nationale selon la procédure définie à l’article 49 alinéa 3 de la Constitution, la nouvelle loi de programmation relative à l’équipement militaire porte sur les quatre prochaines années. Elle actualise et prolonge la loi de programmation 1987-1991 et suit la même méthodologie : comme la loi précédente, elle s’inscrit dans une logique de « programmation glissante » puisqu’elle fera l’objet d’une révision à mi-parcours, c’est-à-dire en 1991, et que les deux derniers exercices ainsi réévalués serviront de base pour les deux premières années de la loi 1992-1996. Elle ne concerne que les investissements et est exprimée en crédits de paiement et en volume, soit en francs constants 1990. Lire les premières lignes

  p. 188-193

La chronique du mois dernier était consacrée à la défense sol-air des points sensibles de l’Armée de l’air. Elle évoquait en particulier le concept dans lequel cette défense s’inscrit et les deux formes – défense passive, défense active – qu’elle revêt sur les bases aériennes. Lire les premières lignes

  p. 194-196

En application des paragraphes 7 et 8 de la résolution 385 du Conseil de sécurité adoptée le 30 janvier 1976, du 7 au 11 novembre 1989 se sont déroulées, en Namibie, des élections à une Assemblée constituante destinée à définir et à établir les structures politiques d’un État indépendant. Il aura donc fallu plus de treize ans de crises, de pressions internationales, de négociations successives avec des conciliateurs chaque fois différents pour faire admettre, par Pretoria (capitale de l’Afrique du Sud), que la mission de la nation tutrice était de conduire le pays sous tutelle à l’indépendance quelle qu’en soit la conséquence pour elle-même, et, par les Nations unies, que la SWAPO (Organisation du peuple du Sud-Ouest africain), malgré la lutte qu’elle menait, ne pouvait être considérée comme un bénéficiaire privilégié sans que sa suprématie ait été sanctionnée au préalable par des élections. La situation avait été rendue plus complexe par l’état latent de crise prévalant dans cette partie du continent. Au départ de l’administration portugaise d’Angola, le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA), refusant de partager le pouvoir avec d’autres formations, avait fait appel au soutien de l’Armée cubaine pour se maintenir en place ; or c’était dans ce même pays que les guérilleros de M. Sam Nujoma avaient trouvé aide et refuge. Le fait permettait aux autorités sud-africaines de repousser les résolutions de l’ONU sous le prétexte qu’aucune solution valable ne pouvait être trouvée au problème namibien tant que pesait la menace d’une intervention de forces étrangères à l’Afrique. Lire les premières lignes

  p. 197-203

• Je pense qu’on peut examiner la possibilité, au cours des prochaines années, de réduire le niveau de notre déploiement en Europe de l’Ouest. Lire la suite

  p. 204-204

Bibliographie

Thierry de Montbrial et Jacques Edin (dir.) : Ramses 90  ; Ifri-Dunod, 1989 ; 432 pages - Marcel Duval

Comme le savent maintenant nos lecteurs, puisque nous avons eu l’honneur de leur présenter le Ramses depuis sa création il y a huit ans, la traduction française de ce hiéroglyphe est : Rapport annuel mondial sur le système économique et les stratégies. Tiré à 30 000 exemplaires et largement diffusé à l’étranger, la parution de cet ouvrage, qui est l’œuvre collective de l’Institut français de relations internationales, est devenue un des événements majeurs de la saison d’automne, événement d’autant plus digne d’être célébré cette année qu’il coïncide avec le 10e anniversaire de la création de l’Ifri. On sait en effet que, sous l’impulsion de Thierry de Montbrial, cet organisme a réussi à animer chez nous une réflexion de haut niveau sur les grandes questions géopolitiques d’actualité, acquérant ainsi une réputation internationale qui le place maintenant à égalité avec les meilleurs « think tanks » étrangers. Lire la suite

  p. 205-208

Maurice Couve de Murville : Le monde en face : entretien avec Maurice Delarue  ; Éditions Plon, 1989 ; 383 pages - Paul-Marie La Gorce (de)

Dans le milieu politique français, M. Couve de Murville est un personnage à part. C’est peu dire qu’il est inclassable. Ceux qui le connaissent savent à quel point il est différent de l’image qu’il offre au-dehors, et que peut-être il aime donner de lui-même. Cultivant avec soin les usages et les traditions, il fut, pendant une grande partie de sa carrière, opposé aux idées reçues et aux directions officielles de la politique française. Attaché à une conception classique des relations internationales, il fut parmi nos hommes politiques, l’un des partisans les plus déterminés de la décolonisation, et, quelque temps, il fut même le seul, ou à peu près, parmi les ministres en exercice. Héritier accompli de la culture occidentale, il voulut, aux côtés du général de Gaulle, changer radicalement la politique que les États occidentaux et la France elle-même menaient avant 1958 à l’égard des pays communistes. Cultivant la modération dans le ton et dans l’expression, il sut être le défenseur le plus intransigeant et le plus farouche de positions qui faisaient souvent de lui un solitaire dans le concert européen et atlantique, par exemple quand il s’agissait de défendre l’indépendance nationale. Répondant par tant de traits aux clichés qui caractérisent un conservateur, il est un libéral dans tous les sens du terme. Bref, c’est un non-conformiste. Lire la suite

  p. 208-209

Collectif : La politique de défense de la France  ; FEDN, 1989 ; 331 pages - Pierre Morisot

Après une synthèse très « littéraire » de Dominique David, émaillée de formules bien trouvées (de la « grogne gaullo-américaine » au « galopin nucléaire ») et où nous avons plus particulièrement apprécié le chapitre intitulé « globalité politique et stratégique », ce recueil présente les Tables de la Loi de la Ve République en matière de défense. Articulé en cinq parties, il comporte en nombre à peu près égal (sur un total de 46), d’une part des textes officiels, législatifs ou réglementaires, ainsi que des traités et accords diplomatiques, d’autre part des documents (études, articles, discours, conférences) émanant de responsables politiques ou d’auteurs ayant acquis le statut de stratège professionnel. Lire la suite

  p. 209-210

Revue Défense Nationale - Janvier 1990 - n° 505

Revue Défense Nationale - Janvier 1990 - n° 505

Il n'y a pas d'éditorial pour ce numéro.

Revue Défense Nationale - Janvier 1990 - n° 505

La RDN vous invite dans cet espace à contribuer au « débat stratégique », vocation de la Revue. Cette contribution doit être constructive et doit viser à enrichir le débat abordé dans le dossier. C’est l’occasion d’apporter votre vision, complémentaire ou contradictoire. Vos réponses argumentées seront publiées sous votre nom après validation par la rédaction.

Aucune contribution n'a encore été apportée.