L’année qui commence s’ouvre sur de nouveaux défis et de nouvelles interrogations en matière de Défense et de Sécurité. Il y a au premier rang de celles-ci les questions économiques qui s’imposent à la France comme une priorité stratégique directe avec pour conséquence immédiate d’encadrer sévèrement l’effort que le pays peut consentir pour sa sécurité nationale. Il y a ensuite le succès incertain des armes de la France engagée dans un conflit militaire en Afghanistan, dans des combats difficiles de coalition sans vraie guerre et sans vrai espoir de paix. Il y a enfin le doute qui a fini par s’installer dans l’entreprise européenne, et cette fameuse défense européenne gagnée par un désenchantement collectif. C’est donc un temps maussade qui règne en ce début d’année stratégique marquée au loin par des échanges de coups en mer Jaune et plus près de nous, par des défis moyen-orientaux à dimension nucléaire et par des tensions africaines qui nous concernent directement. Lire la suite

  p. 1-1

Chers lecteurs, l’année qui vient de s’achever a été une année de profonde transformation pour notre revue. Tout d’abord dans sa nouvelle maquette, modifiée pour être plus attractive, mais aussi et peut-être surtout pour mieux mettre en valeur un contenu éditorial repensé sur le fond et sur le long terme. Nous avons pris ensuite un « virage » numérique avec la création d’un tout nouveau site Internet et la mise en ligne de cahiers spécialisés et de nombreux textes de qualité qui complètent la revue papier. Lire la suite

  p. 5-6

Cette relecture de Raymond Aron, cinquante ans après la parution de Paix et Guerre entre les Nations permet à l’auteur, familier de son oeuvre, de s’interroger sur la construction du monde envisagée par ce maître à penser de l’école réaliste et libérale. C’est Aron penseur de la complexité dans l’environnement intellectuel qui fut le sien que nous présente cette première livraison. Lire les premières lignes

  p. 7-16

Éducation - service civique

Le service militaire assurait à nos armées les effectifs nécessaires à la défense du pays. Certains de ses aspects bénéfiques ont été regrettés : prise de conscience des devoirs vis-à-vis de la collectivité, expérience, brassage social. Un nouveau dispositif de service civique volontaire devrait toucher 10 % de la jeunesse, enrichir son expérience et constituer un réel apport à la communauté nationale. Lire les premières lignes

  p. 19-28

Une nouvelle prise de conscience des bénéfices mutuels de l’interaction entre le monde de la défense et celui de l’université doit permettre de mieux préparer les élites à l’exercice des responsabilités dans un monde où les questions de sécurité, notamment économique, sont omniprésentes. Les « référents défense » de l’université en deviennent peu à peu les principaux artisans. Lire les premières lignes

  p. 29-36

La cohésion sociale, et, par conséquent nationale, est directement menacée par la dégradation de la notion d’autorité. Le monde militaire confronté depuis la nuit des temps à la nécessité d’exercer l’autorité avec humanité dans les conditions extrêmes, offre des pistes de réflexion pour suggérer un travail collectif afin de restaurer l’autorité nécessaire à la société. Lire les premières lignes

  p. 37-42

« Quiconque exerce le pouvoir aux ordres d’un parti, celui-là doit être considéré comme le pire ennemi de l’État ». De Gaulle ? Lire la suite

  p. 50-50

L’année stratégique

La relation dialectique entre géostratégie et démographie est devenue un facteur déterminant de la prospective stratégique. En l’explorant de façon détaillée, l’auteur met l’accent sur l’impact du vieillissement sur les questions de stabilité et de sécurité. Lire les premières lignes

  p. 43-49

Dans un tour d’horizon synthétique, l’auteur nous montre qu’en 2011 les rapports de force seront fondés sur les résidus de l’héritage de la guerre froide, s’agissant en particulier de la posture russe, sur les conflits et différends non résolus, notamment en Méditerranée et sur les nouvelles ambitions de puissance, principalement en Asie. Lire les premières lignes

  p. 51-55

La stratégie est aujourd’hui le produit d’une nécessité sécuritaire par une acceptabilité sociale. Elle conduit à examiner les guerres matricielles et leurs auteurs probables. C’est, selon l’auteur, pour la France l’occasion d’un nouvel investissement militaire en Europe. Lire les premières lignes

  p. 57-65

Dans cette vaste réflexion historique, l’auteur analyse les différentes options stratégiques qui s’offrent aujourd’hui aux puissances, désormais relatives, de statu quo et à celles qui perturbent le système périmé, mais encore vivace, du siècle dernier. Alliances, partenariats, défense active, endiguement, refoulement prennent d’autres dimensions et dessinent une nouvelle bipolarisation. Lire les premières lignes

  p. 67-74

La crise n’est ni une surprise ni une catastrophe. Annoncée depuis une décennie, elle signe la fin d’une civilisation atlantique qui a fait son temps et doit être remplacée. Mais comment faire pour penser « en dehors de la boîte » ? Lire les premières lignes

  p. 75-80

Repères - Opinions - Débats

Un point de vue autorisé sur les limites d’un service civique qui prolongerait les effets secondaires du service militaire aujourd’hui suspendu. Lire les premières lignes

  p. 83-85

C’est l’œuvre du général Gallois, stratège et géopoliticien qui est exposée ici en deux parties successives, par l’un des meilleurs connaisseurs de ce penseur militaire décédé l’an dernier. La généalogie intellectuelle de Gallois et le large courant de réflexion nourri par les questions stratégiques du moment sont présentés dans cette première livraison. Lire les premières lignes

  p. 86-90

Du récent Livre blanc australien sur la défense, l’auteur nous présente la dimension stratégique d’insertion dans le réseau des tensions asiatiques. Lire les premières lignes

  p. 91-95

Il convient de relativiser la menace militaire de la Chine et le poids global de son influence financière et commerciale. Le surgissement du colosse chinois dans un monde encore calibré par les critères occidentaux renvoie au mode de fonctionnement de la planète. Seule une remise à plat des problèmes d’ordre global mis à jour par le réveil de la Chine serait de nature à éviter l’aggravation des conflits d’intérêts qui tentent à s’exacerber. Lire les premières lignes

  p. 96-103

Les secteurs d’activité d’importance vitale sont des maillons essentiels de la dynamique du pays. Les mettre hors de portée des actions malveillantes ou hostiles est une tâche collective qui doit se penser de façon européenne et s’organiser concrètement par l’action conjointe des opérateurs concernés et des forces de sécurité intérieure. Lire les premières lignes

  p. 104-108

Le périmètre d’intervention du ministère de l’Intérieur s’adapte aux circonstances politiques et économiques. Mais il comporte toujours un noyau de fonction de police qui constitue son identité propre. Les temps de réforme actuels permettent d’imaginer d’autres évolutions pour combiner toujours mieux les cultures policières, administratives et techniques au service du territoire national. Lire les premières lignes

  p. 109-114

Revues - Rapports

Dans cette zone, le problème le plus grave est le conflit israélo-palestinien. Les négociations directes entre Israéliens et Palestiniens sont interrompues à cause notamment de la reprise de la colonisation par Israël dans les territoires occupés. Cette violation du droit international n’entraîne ni pression ni sanction. Pour obtenir une simple prorogation de trois mois du gel de la colonisation, les États-Unis auraient promis à Tel-Aviv de mettre leur veto à toute initiative du Conseil de sécurité, notamment à la proclamation unilatérale d’un État palestinien. Ils auraient accepté le maintien pour une durée indéterminée du contrôle israélien de la vallée du Jourdain, donc des frontières du futur État. Washington augmenterait l’assistance militaire à Israël, y compris la livraison d’une quarantaine de chasseurs F-35 à long rayon d’action, de systèmes antimissiles et de moyens de surveillance satellitaires. Tel-Aviv a pour le moment « répondu » à ces offres particulièrement généreuses, par la relance de la colonisation. Auparavant, en septembre 2010, le département d’État a diffusé une note sur le soutien accordé en 2010 par l’Amérique dirigée par Obama à la « sécurité d’Israël » : 3 milliards de dollars, ce qui représente plus de la moitié de la totalité de l’aide militaire internationale des États-Unis, avec un engagement pour dix ans. On est loin d’un Obama « hostile » à Israël… Quant à l’Europe, elle continue d’être absente des tentatives de règlement de ce problème. Lire les premières lignes

  p. 117-118

L’analyste pressé à qui l’on demanderait de porter un diagnostic sur l’évolution de la défense antimissiles en Asie pourrait être tenté de schématiser la situation en ces termes : face au développement avéré des capacités militaires tant balistiques que nucléaires de la dictature néo-stalinienne nord-coréenne, les pays les plus développés de la zone (Japon, Corée du Sud), par ailleurs les plus menacés par ces systèmes d’armes, se seraient rapprochés des États-Unis, également sujets au même type d’inquiétude, afin de développer en commun et dans une optique évolutive, un certain nombre de capacités antimissiles avec le pays réputé disposer de la plus grande expertise en la matière. Un examen plus attentif de la configuration stratégique actuelle de la zone nous dévoilerait cependant une situation quelque peu différente : le commentateur avisé, loin d’associer un peu hâtivement les postures japonaise et sud-coréenne en un même raisonnement, marquerait au contraire leur nette distinction, tant en matière de relations aux Américains que de marge de manœuvre étatique, ainsi que de perception de la menace. Lire les premières lignes

  p. 118-121

L’histoire du service civique est celle des occasions manquées. Le service civil volontaire avait déjà été promis en 1996 par Jacques Chirac lors de la suspension du service militaire obligatoire. Mais, au cours des années suivantes, sa mise en œuvre s’est heurtée à de nombreuses réticences. Le 17 novembre 2005, l’hebdomadaire La Vie publiait son « Appel pour un service civique obligatoire » qui devait rapidement rassembler de nombreuses signatures politiques (440 députés et sénateurs). L’écho de cet appel s’est répercuté par la suite dans la plupart des programmes politiques des candidats à l’élection présidentielle de 2007, chacun en reprenant l’idée, parfois nuancée par le principe d’une phase expérimentale reposant sur le volontariat. En mars 2008, Nicolas Sarkozy confie à Luc Ferry, président du Conseil d’analyse de la société, la mission de rédiger un rapport sur le service civique. Approfondissant les travaux déjà réalisés par Alain Béreau (1), son rapport est publié en septembre 2008 sous le titre Pour un service civique. Dans un entretien donné au journal Le Monde (2), Luc Ferry en résume les grandes lignes. Il y évoque, notamment, l’importance de recourir au volontariat pour mener une montée en puissance pluriannuelle, avec comme objectif 70 000 jeunes en service civique d’ici quelques années. En 2009, Martin Hirsch, Haut commissaire à la Jeunesse, publie un Livre vert visant à refonder la politique en faveur des 16-25 ans entre 2010 et 2015. Parmi les 57 propositions présentées, figure la question de la mise en œuvre d’un service civique. Une proposition de loi, portant création d’un service civique volontaire, est déposée au Sénat par Yvon Collin (3) et adoptée après amendements le 27 octobre 2009. Début 2010, c’est au tour de l’Assemblée nationale de se prononcer. Le texte est définitivement adopté en deuxième lecture par le Sénat le 25 février 2010 et la loi promulguée le 10 mars (4)Lire les premières lignes

  p. 121-125

C’est bien l’approche indirecte – érosion du pouvoir, de la volonté et de l’influence de l’opposant à travers, avec et par des nations partenaires – qui représente l’application la plus stratégique de la puissance aérienne dans la « Longue Guerre ».
The 21st Century Air Force
 Lire les premières lignes

  p. 125-126

Engagé dans tous les théâtres d’opérations extérieures, le personnel médical et paramédical du Service de santé des armées (SSA) doit garantir aux militaires la meilleure qualité de soins et, s’ils sont blessés, les meilleures chances de survie en préservant leur intégrité physique. Il s’agit d’un devoir moral de la Nation. Il s’agit aussi d’un impératif militaire. Service interarmées placé sous l’autorité directe du chef d’état-major des armées, le SSA dispose notamment de neuf hôpitaux implantés sur le territoire métropolitain à Bordeaux, Brest, Lyon, Marseille, Metz, Toulon, Clamart, Saint-Mandé et Paris (Val-de-Grâce). Le SSA est à l’intersection de deux politiques – une politique de défense et une politique publique de santé – dont les objectifs, les modes de gestion, les logiques d’organisation et les publics sont différents. La conciliation de ces deux politiques est difficile. La Cour des comptes a passé au crible le SSA et, dans un rapport détaillé, élaboré trois principaux constats et formulé quatorze recommandations. Lire les premières lignes

  p. 126-129

Recensions

Hervé Coutau-Bégarie : Le Meilleur des ambassadeurs – théorie et pratique de la diplomatie navale  ; Économica, 2010 ; 384 pages - Per Edling

L’ordre mondial qui a émergé de l’écroulement de l’Union soviétique est souvent perçu en Suède comme monopolaire. D’un point de vue français, il est plutôt compris comme la possibilité d’une multiplicité de pôles d’influence. La diplomatie et la force militaire sont deux moyens classiques d’y jouer un rôle. Quelque part entre les deux se trouve la diplomatie navale. Ce sujet a été traité par le professeur Hervé Coutau-Bégarie, entre autres directeur du cours de stratégie au Collège interarmées de défense et membre de l’Académie royale des sciences navales de Suède, dans une œuvre récente Le Meilleur des ambassadeurs – théorie et pratique de la diplomatie navaleLire la suite

  p. 131-133

Frédéric Charillon : La France peut-elle encore agir sur le monde ? Éléments de réponse  ; Armand Colin, 2010 ; 192 pages - Jean Dufourcq

Ce n’est pas ce petit livre passe-partout pour étudiants que le format ramassé adopté laisse supposer. C’est une réflexion de belle ampleur sur les relations internationales, la posture de la France et sa capacité à compter dans les affaires du monde aujourd’hui. En trois temps dynamiques, Frédéric Charillon part du constat d’un monde à la fin d’un cycle historique dans lequel la France semble se diluer, explore les défis que pose l’articulation entre enjeux nationaux et européens et propose des priorités nouvelles à l’action extérieure de la France. Lire la suite

  p. 133-133

Benoît Lemay : Erich von Manstein  ; Perrin , 2010 ; 764 pages - Pierre Morisot

Certes, cet ouvrage est bien une biographie du maréchal (né Lewinski ! Et doublement neveu d’Hindenburg), sans doute le meilleur stratège et un des meilleurs tacticiens de l’armée allemande de la Seconde Guerre mondiale, tout en étant parfaitement représentatif d’une caste militaire remontant aux chevaliers Teutoniques. Lire la suite

  p. 134-135

Hélène Carrère d’Encausse : La Russie entre deux mondes  ; Fayard, 2010 ; 336 pages - Colomban Lebas

Lorsque la Russie émerge des ruines de la guerre froide, c’est à un double choc qu’elle doit faire face : il lui faut tout d’abord surmonter la perte de l’Empire soviétique, avec les révolutions de velours de l’année 1989, qui, aux yeux de l’Occident, symbolisent l’irrémédiable perte d’un statut international hors du commun ; mais aussi, à partir du 8 décembre 1991 – date à laquelle M. Gorbatchev reconnaît la disparition de l’URSS comme sujet de droit international – elle doit également reconstruire une « nation russe », qui s’est à tel point diluée dans la construction soviétique qu’elle en avait perdu jusqu’à la conscience de sa propre existence. Lire la suite

  p. 135-137

Édouard Pfimlin : Le retour du Soleil levant, la nouvelle ascension militaire du Japon  ; Éditions Ellipses, 2010 ; 222 pages - Michel Klen

Vaincu à l’issue de la Seconde Guerre mondiale, démilitarisé par les Américains, le Japon a néanmoins reconstitué avec l’aide des États-Unis, qui d’ennemis sont devenus le principal allié, une armée puissante et à la pointe de la technologie. Pourtant, la constitution lui interdit la possession d’un potentiel militaire offensif. Pour gérer ce paradoxe, les Japonais ont créé avec le soutien du parrain américain des forces d’autodéfense (FAD) dans les années 50 qui ont finalement constitué le socle d’une machine de guerre crédible. C’est cette évolution subtile qui est décrite par Édouard Pfimlin dans un ouvrage très documenté. Ce livre devrait donc intéresser les spécialistes des questions militaires et de géopolitique. Lire la suite

  p. 137-138

Revue Défense Nationale - Janvier 2011 - n° 736

Revisiting the work of Raymond Aron fifty years after the publication of Paix et Guerre entre les Nations, the author ponders the construction of the world envisaged by this leading analyst of the realist, liberal school. This first part presents Aron the thinker of complexity in the intellectual environment of his time.

National service produced the manpower our armed services needed to defend the country. Some of its positive aspects have been missed: awareness of individual obligation towards the community, the experience itself and social mixing. A new civic service system could involve some ten per cent of young people, enriching their lives and making a real contribution to the nation.

A new focus on the mutual benefits of interaction between the worlds of defence and academia should better prepare those who govern us for the exercise of responsibility, in a world where questions of security (in particular economic security) are omnipresent. University specialists in defence matters are gradually becoming the principal actors.

Social (and therefore national) cohesion is directly threatened by the weakening of the notion of authority. The military world has always been faced with the need to exercise authority with humanity in extreme conditions; it has ideas that can serve as a basis for collective work on the restoration of the authority which is needed in our society

The dialectic relationship between geostrategy and demography has become a key factor in strategic thinking. In a detailed analysis, the author highlights the impact of population ageing on questions of stability and security.

In his global survey the author argues that in 2011 power relationships will be based on the residue of the heritage of the Cold War. This will have particular resonance for the posture of Russia, non-resolved conflicts and differences in the Mediterranean, and new ambitions for power, mainly in Asia.

Strategy today stems from a need for security, and is constrained by social acceptability. It leads us to examine matrix-like wars, and those who might well be responsible for them. The author suggests that this is France’s opportunity to make a new military investment in Europe

In this wide-ranging historical survey the author analyses the different strategic options open to the current (but relative) powers of the status quo, and those which disturb the out-of-date (but still operating) power system of the last century. Alliances, partnerships, active defence, barrier-building and repulsing take on new dimensions, and hint at a new bipolar world order.

The crisis is neither a surprise nor a catastrophe. It has been in the making for ten years; it marks the end of an Atlantic civilisation which has had its day and must be replaced. But how can we think ‘outside the box’?

Opinions and Viewpoints

An authoritative view on the limits of a civic service which could extend the secondary effects of (now-suspended) conscription.

This is the first of two parts of an appreciation of General Gallois, the strategist and geopolitician who died last year, by a connoisseur of this military thinker’s legacy. It considers Gallois’s intellectual genealogy, and the wide scope of the debate is supported by references to current strategic thinking

Australia’s strategies, as reflected in the country’s recent defence White Paper, follow from its place in the network of tensions in Asia.

Both China’s military threat and the global weight of its financial and commercial influence need to be put into perspective. The burgeoning of the Chinese colossus in a world still measured in Western terms has planetary implications. Only a reassessment of the global problems which have been affected by China’s awakening can help avoid intensifying conflicts of interest.

Sectors of activity of vital importance are key links in the dynamics of any country. The task of putting them beyond the reach of hostile or unfriendly action is a collective one which must be thought through on a European basis. It must be implemented by the joint actions of the operators concerned and internal security forces

While the degree of intervention by the Ministry of the Interior is always a function of political and economic circumstance, the core policing function (which defines its identity) is always present. The current period of reform suggests other developments that might lead to an even closer integration of its policing, administrative and technical cultures, so that it can serve the nation better.

Book reviews

Hervé Coutau-Bégarie : Le Meilleur des ambassadeurs – théorie et pratique de la diplomatie navale  ; Économica, 2010 ; 384 pages - Per Edling

Frédéric Charillon : La France peut-elle encore agir sur le monde ? Éléments de réponse  ; Armand Colin, 2010 ; 192 pages - Jean Dufourcq

Benoît Lemay : Erich von Manstein  ; Perrin , 2010 ; 764 pages - Pierre Morisot

Hélène Carrère d’Encausse : La Russie entre deux mondes  ; Fayard, 2010 ; 336 pages - Colomban Lebas

Édouard Pfimlin : Le retour du Soleil levant, la nouvelle ascension militaire du Japon  ; Éditions Ellipses, 2010 ; 222 pages - Michel Klen

Revue Défense Nationale - Janvier 2011 - n° 736

L’année qui commence s’ouvre sur de nouveaux défis et de nouvelles interrogations en matière de Défense et de Sécurité. Il y a au premier rang de celles-ci les questions économiques qui s’imposent à la France comme une priorité stratégique directe avec pour conséquence immédiate d’encadrer sévèrement l’effort que le pays peut consentir pour sa sécurité nationale. Il y a ensuite le succès incertain des armes de la France engagée dans un conflit militaire en Afghanistan, dans des combats difficiles de coalition sans vraie guerre et sans vrai espoir de paix. Il y a enfin le doute qui a fini par s’installer dans l’entreprise européenne, et cette fameuse défense européenne gagnée par un désenchantement collectif. C’est donc un temps maussade qui règne en ce début d’année stratégique marquée au loin par des échanges de coups en mer Jaune et plus près de nous, par des défis moyen-orientaux à dimension nucléaire et par des tensions africaines qui nous concernent directement.

Que faut-il en penser ? Que le monde est redevenu dangereux après la parenthèse du rêve de sécurité collective ? Qu’il n’avait jamais cessé de l’être et que seul notre idéal pacifique nous en cachait les ressorts belliqueux ? Chacun se forgera les convictions qu’il veut au vu des informations et des analyses dont il dispose. La RDN s’efforcera de vous éclairer en 2011 sur tous ces enjeux et de mettre en relief ces tensions qui affectent notre sécurité nationale. En ce début d’année, formulons pour notre pays et notre communauté stratégique trois vœux.

Le premier, c’est que nous ayons la sagesse de conduire avec détermination et rigueur mais sans désemparer la profonde réorganisation de notre appareil de défense qui a été engagée. Ne restons pas plus longtemps que nécessaire au milieu du gué. C’est une position intermédiaire qui use les moyens et délite les volontés et les forces.

Le deuxième, c’est que nous ayons la perspicacité suffisante pour construire avec nos principaux voisins et partenaires en Europe une véritable communauté de Défense et de Sécurité équilibrée, qui prenne en compte notre triple identité continentale, méditerranéenne et atlantique. Car la France est par nature au centre de gravité stratégique de la corne occidentale de l’Europe ; la Belgique, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et la Grande-Bretagne sont ses premiers grands partenaires naturels en matière de sécurité. Tout comme la Méditerranée occidentale est son espace naturel de coopération.

Le troisième et dernier est qu’en ces temps de priorité à la réduction des vulnérabilités socio-économiques du pays et de probable contraction de nos moyens d’action, nous gardions l’œil fixé sous notre souveraineté technologique et doctrinale en préservant notre pertinence stratégique, gage de notre autonomie et de notre liberté d’action. Bonne année 2011. ♦

Jean Dufourcq

Revue Défense Nationale - Janvier 2011 - n° 736

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