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Juillet 1992 - n° 533

Colloque - Les changements stratégiques dans le monde (II)

  p. 9-16
  p. 17-24
  p. 25-36

À propos d’un retour du militarisme allemand, je crois que pour l’heure l’Allemagne est un vaste chantier avec, à sa tête, des hommes ayant des préoccupations assez semblables à celles des dirigeants russes, c’est-à-dire celles de gestionnaires. De plus l’Allemagne bat des records dans l’objection de conscience et la tendance de l’opinion publique va vers le désarmement, le développement de la CSCE et un rejet total de l’arme nucléaire. Je ne crois pas non plus qu’on doive craindre le danger d’un rapprochement germano-soviétique. En revanche, les relations entre Bonn et Washington m’inquiètent. Lors du départ de troupes de son pays, le secrétaire d’État américain, dans son allocution, a donné l’impression qu’il voyait l’Allemagne jouer le rôle de partenaire privilégié. Comment apprécier la politique américaine de défense vis-à-vis de l’Allemagne, d’autant que les possibilités politiques de défense européenne sont de plus en plus diminuées, l’Europe devant être réduite à un rôle subsidiaire en fonction d’accords sectoriels ? Lire la suite

  p. 37-40

Nous sommes à l’École militaire ; cette journée a été organisée par la revue Défense Nationale et la Fondation pour les études de défense nationale ; nous sommes habitués aux rapports de forces, aux affrontements, à tous les problèmes de défense et de sécurité, ce qui conduit tout naturellement à des analyses que je qualifie de pessimistes car nous attirons l’attention sur tout ce qui peut être conflictuel et dangereux ; nous brossons un tableau d’ensemble des risques et nous en tirons la conclusion qu’à la suite des novations extraordinaires que nous venons de vivre nous sommes toujours dans un monde aussi dangereux ! Lire la suite

  p. 40-43

Repères - Opinions - Débats

  p. 45-59
  p. 61-72
  p. 73-79
  p. 81-87

À l’été 1989, Francis Fukuyama, jeune chercheur à la Rand Corporation (il a alors 36 ans), publie sous le titre « La fin de l’histoire ? » un article dans The National Interest, revue américaine qui ne tire qu’à quelques milliers d’exemplaires. Cette modeste entrée en scène eut un énorme retentissement. L’article fut reproduit dans le monde entier, et en France dès l’automne dans le n° 47 de la revue Commentaire. Il déclencha des polémiques passionnées. Quelques rares louanges surnagèrent dans un flot de critiques hargneuses. C’est que la fin de l’histoire, avant de mettre le monde en panne, laisserait au bord de la route beaucoup de gens dont le métier est de la faire, de l’écrire ou de la commenter. Lire les premières lignes

  p. 89-96
  p. 97-102
  p. 103-114
  p. 115-130
  p. 131-147
  p. 149-161

Chroniques

  p. 163-168
  p. 169-175
  p. 176-179
  p. 180-183
  p. 184-187
  p. 188-189
  p. 190-192
  p. 193-196
  p. 197-200
  p. 201-202

Bibliographie

Dominique David : Conflits, puissances et stratégies en Europe : le dégel d’un continent  ; Éditions Bruylant, 1992 ; 213 pages - Marcel Duval

La plupart de nos lecteurs connaissent certainement Dominique David, puisque, alors qu’il appartenait à la Fondation pour les études de défense nationale (FEDN), il a présenté en 1989, dans un ouvrage indispensable à tous ceux qui s’intéressent à « la politique de défense de la France » – tel était en effet son titre –, les textes et documents qui ont défini cette politique. Aujourd’hui, alors qu’il vient de rejoindre le groupe d’études stratégiques de l’Institut français des relations internationales (Ifri), il nous propose ses propres réflexions prospectives sur le même sujet dans un livre ambitieux, car il embrasse l’ensemble des problèmes que pose à la France l’organisation de la sécurité de la nouvelle Europe. Or, comme il le constate lui-même dans son introduction, parler de l’Europe n’est pas facile, car « l’Europe est tout sauf une évidence », et la notion de sécurité « un objet depuis toujours introuvable ». Lire la suite

  p. 203-205

H. de Beaufort et J. de Zélicourt : Perspectives économiques et stratégiques de 1992  ; Éditions Loisel, 1991 ; 733 pages - Pierre Morisot

La comparaison vient tout de suite à l’esprit avec L’année stratégique ou L’état du monde, d’ailleurs cités en bibliographie. La parenté existe, mais les auteurs ont su trouver un créneau par la recherche de l’essentiel, sous une forme simple et en langage clair. Le livre, de consultation facile, ne prétend pas remplacer tous les annuaires existants, mais il les complète de bonne façon. Lire la suite

  p. 205-206

Bernard Lugan : Afrique, bilan de la décolonisation  ; Éditions Perrin, 1991 ; 304 pages - Pierre Morisot

Le livre de Bernard Lugan consacré à l’Afrique noire revêt deux aspects. Le premier est celui d’un pamphlet dirigé contre les idéologies tiers-mondistes qui, fondées sur un complexe de culpabilité allant jusqu’au masochisme, ont confondu théorie et réalité, et contre la coopération qui, faisant suite à la brève période coloniale, « parenthèse de paix et de prospérité », connaît après trente ans de ruineux exercices un « échec évident ». Le ton sarcastique n’étonnera pas de la part de l’auteur, spécialiste en formules percutantes (qui imposeraient même la mise à jour du petit Robert : « ethnocider » page 198) : les « reptations sémantiques et les contorsions intellectuelles » des « charlatans du cœur » pour qui « il est plus facile de psalmodier l’acte d’accusation du monde industrialisé que de mettre l’Afrique au travail » équilibrent, au Nord, les agissements des « experts en mendicité internationale » qui, en l’absence de contrôle sérieux, détournent au Sud la plus grande partie de l’aide « au profit des nomenklaturas locales », tout en s’annexant sans vergogne Pythagore et Archimède (voir une citation réjouissante de Jeune Afrique page 251). Lire la suite

  p. 207-208

Jean d’Arbaumont : Capitaine Jean Bulle  ; Dominique Guéniot, 1992 ; 340 pages - Claude Le Borgne

Voici la réédition d’un livre paru il y a plus de vingt ans et couronné alors de quatre prix. C’est une heureuse idée, tant sont exemplaires la vie et la mort du capitaine Jean Bulle. Sorti de Saint-Cyr en 1936, ce héros de la Savoie est célébré à deux titres : le combat de la Tête d’Enclave le 22 juin 1940, la résistance dans le secteur d’Albertville. Lire la suite

  p. 208-208

Jacques Salbaing : Ardeur et réflexion – Cahiers d’un chef de section d’infanterie de Marine dans la division Leclerc  ; (Préface du général Massu) Éditions La Pensée Universelle, 1992 ; 412 pages - Michel Klen

Jacques Salbaing a interrompu ses études d’ingénieur en 1942 pour rejoindre les Forces françaises libres (FFL) et la 2e Division blindée. Au sein de cette prestigieuse unité, il exerce le commandement d’une section du Régiment de marche du Tchad (RMT). L’auteur nous fait vivre au jour le jour son expérience pendant les dernières années qui ont précédé l’armistice. Le livre commence par la difficile période d’entraînement et de formation au Maroc, puis en Algérie. C’est ensuite l’attente en Angleterre avant le débarquement sur les côtes françaises à Utah Beach. L’extraordinaire parcours du jeune sous-lieutenant nous fait vivre les grandes péripéties de l’histoire de la 2e DB : la campagne de Normandie, la Libération de Paris, la bataille des Vosges, l’entrée dans Strasbourg, les combats en Alsace, puis en Allemagne jusqu’à Berchtesgaden. Lire la suite

  p. 209-209

Claude Riffaud : Mékong palace  ; Presses de la Cité, 1992 ; 432 pages - Jacques Hugon

Il y a, épisodiquement, des périodes « Indochine » : récemment, on a vu sur les écrans « Diên Bien Phu » et… « Indochine » justement. Il se trouve que le livre de Claude Riffaud vient à point évoquer cette marine fluviale qui a œuvré sur le Mékong – et le fleuve Rouge – entre 1945 et 1954, en parfaite symbiose avec nos camarades de l’Armée de terre, et dont on n’a jamais beaucoup parlé – je citerai rapidement : Dinassaut, remarquable, de l’amiral de Brossard ; Le crabe tambour, bien évidemment ; Enseigne dans le delta, très autobiographique, de l’amiral Estival. À vrai dire, dans les couloirs parisiens, on avait initialement un peu honte de cette Marine en kaki, qui n’affrontait pas l’ennemi sur mer mais le long des rivières où la navigation était affaire de flair et d’expérience, et non d’astronomie ! Les équipages, vivant souvent dans des conditions invraisemblables, étaient sans doute destinés à devenir inutilisables dans cette Marine « Otan » – on disait « Nato » avec l’accent – que l’on était en train de constituer. Il n’en fut rien, bien au contraire, et les hommes à qui des responsabilités avaient été confiées alors qu’ils avaient quelque vingt ans montrèrent leurs capacités ultérieurement. Lire la suite

  p. 209-210

Revue Défense Nationale - Juillet 1992 - n° 533

Revue Défense Nationale - Juillet 1992 - n° 533

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