Nous vivons des temps stratégiques sans ressemblance et sans repères. Et nous affectons d’être déconcertés par les mouvements du monde, crise financière, printemps arabe, émergences en tous genres et diversification de l’expression de la puissance. Aucun de ces phénomènes qui remettent en cause ce que nous pensions être l’ordre établi ne devrait nous prendre au dépourvu puisque tous ont été annoncés par des voix autorisées depuis des lustres. Ce que nous vivons en fait c’est une vraie crise de la planification stratégique, voire une crise de la puissance, non de la puissance relative comme on le disait encore il y a deux ans, mais bien de l’impuissance collective. Car nous ne savons plus anticiper les conséquences d’événements pourtant annoncés comme inéluctables. Nous ne savons pas adopter à l’égard de leurs effets une posture résolue de sauvegarde de nos intérêts communs et de consolidation de notre projet collectif, qu’il soit national ou européen. Lire la suite

  p. 1-1

La transition démocratique qu’a connue l’Europe orientale à la fin de la guerre froide fournit d’utiles repères sur le processus qui débute dans les sociétés arabes. Installer le libéralisme et la sécurité prendra du temps, mais certaines sociétés comme la tunisienne et l’égyptienne ont déjà consolidé le cadre économique du développement libéral. La priorité est désormais à la modernisation politique qui seule permettra d’aborder les enjeux du XXIe siècle. Lire les premières lignes

  p. 5-12

Dans ce retour personnel sur un moment historique récent, l’ancien Premier ministre de cohabitation nous montre comment la responsabilité de la défense nationale peut s’exercer au plus haut niveau de l’État dans une période complexe où de surcroît la situation exige l’emploi réel de la force en coalition militaire. Lire les premières lignes

  p. 13-21

Au début de cette année, la rue musulmane s’est enflammée en Tunisie, Égypte, Libye et quelques autres lieux. Bête comme toute rue, son inflammation n’en est pas moins porteuse d’un immense espoir. Voici pour les musulmans l’heure de vérité. Aucun régime, en pays d’islam, ne s’approche de la démocratie. Il n’en existe que de deux types, le despotisme éclairé et le despotisme islamique. Cette malédiction peut-elle être surmontée et l’islam peut-il, en un aggiornamento prodigieux, rejoindre le courant des Lumières que nous avons nous-mêmes lancé il y a quelques siècles ? Immense espoir, immense péril en même temps. De quel côté va pencher la balance, vers un islam douteur à notre image ou vers la perpétuation du même, conforté dans ses certitudes sclérosantes ? La nature du pouvoir en islam est au cœur du débat. C’est, bien sûr, dans les États de pure orthodoxie qu’il faut l’observer, dont l’Arabie Saoudite et l’Iran fournissent les modèles. Lire la suite

  p. 22-22

Questions d’armement

Les secteurs de la défense, de l’espace et de l’armement de l’Union européenne sont sousfinancés et la conjoncture économique leur est défavorable. L’auteur plaide pour une autre approche financière européenne capable d’assurer aux systèmes nationaux de défense comme à la PSDC les ressources additionnelles dont ils ont besoin. Lire les premières lignes

  p. 25-34

De la responsabilité individuelle militaire et de l’action de combat dans un environnement de haute technologie : limites et enjeux. Des rôles respectifs de l’organisation, du système et de l’opérateur. Une analyse qui explore les nouvelles relations entre l’officier, l’engagement et la technique. Lire les premières lignes

  p. 35-41

Perspectives indiennes

L’Inde affirme ses ambitions asiatiques et construit sa personnalité stratégique dans un jeu d’équilibres régionaux dans lequel elle intègre ses partenaires extérieurs américain et russe. Sa position de pivot régional lui permet d’affirmer progressivement une posture déterminée que renforcent une démocratie régulée et une économie en développement. Lire les premières lignes

  p. 43-48

C’est dans son histoire moderne et dans sa diversité ordonnée que l’Inde puise aujourd’hui les forces qui lui permettent d’assumer de mieux en mieux son fort potentiel stratégique. Dynamisme économique, réassurance américaine et environnement assumé participent de la consolidation de sa centralité asiatique. Lire les premières lignes

  p. 49-56

L’auteur nous montre que le voisinage chinois et pakistanais détermine la posture stratégique de l’Inde qui a fait dans ce cadre le choix d’une corrélation étroite avec les États-Unis. Mais c’est dans l’espace océanique et archipélagique asiatique, et bien au-delà en Asie centrale et en Afrique, que l’Inde émerge comme acteur décidé à participer à la gouvernance mondiale. Lire les premières lignes

  p. 57-60

Repères - Opinions - Débats

Les relations entre l’entreprise et l’État sont déséquilibrées aux dépens de ce dernier estime l’auteur. Il dresse le profile de l’Entreprise patriote qui assume sa part de responsabilité dans le développement économique et l’affirmation des intérêts stratégiques dont l’État a la charge. Lire les premières lignes

  p. 63-66

Activité sous contraintes financières de plus en plus fortes, la préparation et la dotation des forces en moyens de combat doit se repenser. Les clés de ce qui pourrait être une révolution sont la concentration sur l’action opérationnelle, la préservation de la qualité du noyau essentiel et la limitation drastique de l’accessoire. L’adaptation permanente devient la règle. Lire les premières lignes

  p. 67-72

Pour dépasser les insuffisances constatées des avions supersoniques polyvalents et des drones, l’auteur, qui est un spécialiste des questions de stratégie aérienne, propose de développer un avion européen d’appui tactique, agile et endurant dont il esquisse les caractéristiques. Lire les premières lignes

  p. 73-75

L’auteur montre à quel point la tyrannie du temps court déséquilibre profondément l’appareil de défense. Il esquisse des voies pour sortir de cette impasse et prône une « chronostratégie » qui permet la transformation capacitaire, préserve une cohérence militaire globale —malgré la flexibilité budgétaire — et garantit autonomie de décision et profondeur stratégique du pays. Lire les premières lignes

  p. 76-83

L’auteur explore les relations complexes qui existent entre la défense antimissiles balistique et la stratégie spatiale. Il expose la réalité de la menace balistique et montre comment l’Otan s’est saisie de cet enjeu et a arrêté sa politique lors du récent Sommet de Lisbonne. Lire les premières lignes

  p. 84-90

Comment articuler les entreprises militaires et de sécurité privées et la réserve opérationnelle ? C’est à cette question complexe que répond l’auteur qui examine les options et les limites, à la fois légales et pratiques, et propose différentes possibilités de mise en oeuvre. Lire les premières lignes

  p. 91-96

Il s’agit de la première partie d’une étude canadienne sur le commandement d’abord défini philosophiquement à partir des notions de hiérarchie, de puissance, de volonté et de cohésion. Il est situé et interprété ensuite dans le contexte de l’éthique professionnelle militaire. La notion d’autorité est examinée enfin à partir du concept de reconnaissance. Lire les premières lignes

  p. 97-103

L’ambition internationale de l’Europe semble au point mort relève l’auteur. Certes, la crise financière et budgétaire affecte en profondeur la plupart des États européens, mais la vraie question est celle du rôle stratégique de l’Union dans un monde en mutation rapide. C’est en repensant son espace géostratégique et tout d’abord son voisinage qu’elle pourra sortir de son isolement actuel. Lire les premières lignes

  p. 104-110

Alors que la transition politique du monde arabe s’amplifie, l’auteur s’interroge sur la capacité d’Israël à sortir du cadre stratégique dans lequel il semble s’être enfermé : rapport de forces, imprévisibilité, statu quo, alliances de revers, débouchés économiques, absence de vision de long terme. Lire les premières lignes

  p. 111-113

La liberté est incompatible avec le monde musulman, c’est comme ça, ne discutez pas ! La démocratie c’est bien pour nous mais pas pour les Arabes. Vous dites qu’ils ont inventé un tas de bricoles comme la chirurgie, l’astronomie ou le zéro mathématique ? Oui, mais question liberté justement, c’est zéro. Vous en connaissez, vous, des Voltaire saoudiens ? S’ils insistent on va leur rétrocéder un modèle de démocratie dégradée à l’irakienne et s’ils ne sont pas contents on remettra des dictateurs, l’essentiel est que la pompe à essence nous reste ouverte. Lire les premières lignes

  p. 114-114

Revues - Rapports

Les ruses de guerre ont pour objectif de piéger l’ennemi en l’insérant  dans un jeu fallacieux destiné à l’éloigner d’une réalité opérationnelle. Tous les artifices de tromperie déployés dans l’opération Fortitude ont ainsi berné Hitler en lui faisant croire que le débarquement allié s’effectuerait dans le Pas-de-Calais (voir RDN, mars 2011). L’Histoire de la Seconde Guerre mondiale comporte d’autres épisodes de ce type où l’emploi de leurres à grande échelle a changé le cours d’un affrontement. Dans ce registre fourni de la guerre de l’illusion, les Britanniques se sont révélés particulièrement créatifs, notamment en mettant sur pied la force A, une unité dirigée par le général Dudley Clarke pour orchestrer les actions de désinformation sur le front du Proche-Orient. En vue de mettre en scène des manœuvres en trompe-l’œil, le spécialiste reconnu des faux-semblants a mobilisé du personnel d’origines très diverses : militaires (généralement iconoclastes et imaginatifs), ingénieurs, universitaires, acteurs, décorateurs, chimistes et même prestidigitateurs. Le grand succès de cette entité nébuleuse mais extrêmement efficace reste l’opération Bertram qui a permis la réussite de l’offensive britannique à El-Alamein en octobre 1942. Afin de persuader l’état-major de Rommel que l’attaque aurait lieu au sud alors que le véritable assaut était prévu plus au nord par Montgomery, Dudley Clarke a mis en œuvre toute une série de stratagèmes sur le terrain : construction d’un oléoduc et de dépôts de carburant factices, effacement des traces de déplacement d’engins blindés par de vastes et rapides actions de balayage au lever du jour juste avant le passage des avions de reconnaissance allemands, hauts parleurs diffusant des bruits de chars, création de pistes imaginaires de blindés à l’aide de chevaux traînant des herses, fabrication de fausses unités composées de baudruches en caoutchouc et représentant des véhicules et des matériels militaires. Pour couronner le tout, la force A a placé au sol de vraies pièces d’artillerie sol-air pour contraindre les aéronefs d’observation de la Lüftwaffe à voler le plus haut possible, rendant ainsi les prises de photos imprécises. Lire les premières lignes

  p. 117-118

Si des crises se taisent, comme en Thaïlande et en Ouzbékistan, trois crises graves évoluent en Asie : la crise afghane persiste ; la tension retombe temporairement en mer de Chine du Sud ; la confrontation a été violente en mer de Chine de l’Est avant de s’estomper. L’ensemble de ces crises semble cependant vouloir ramener tout un chacun à plus de raison, ce qui conduit à un foisonnement de rencontres et de reprises de dialogues. Mais les confrontations ont été d’une telle intensité en Extrême-Orient que les méfiances se sont exacerbées envers la Chine et la Corée du Nord, ce qui amène États-Unis, Japon, Corée du Sud à resserrer leur alliance et leurs postures défensives. Lire les premières lignes

  p. 119-121

Les études préliminaires du futur Livre blanc (1) suédois ont commencé. Il sera approuvé en 2014 et couvrira le développement des forces armées jusqu’en 2024. Lire les premières lignes

  p. 122-124

Recensions

Olivier Kempf : L’Otan au XXIe siècle  ; Éditions Arpège, 2010 ; 562 pages - Jean Dufourcq

Quand un conseiller de rédaction, auteur fidèle de la Revue Défense Nationale, publie un livre on se doit de le passer au crible avec la sévérité de l’amitié. Ce livre n’en n’est pas vraiment un, c’est une somme, presqu’un manuel qui expose cette organisation que la France habite désormais pleinement, pour le meilleur et pour le pire. Et Olivier Kempf ne nous épargne rien de cette structure de défense et de sécurité unique et tentaculaire que nous redécouvrons et que certains trouvent exagérément déployée et inutilement dispersée aux plans territorial et fonctionnel. Lire la suite

  p. 125-126

Mickaël R. Roudaut : Marchés criminels  ; Puf, 2010 ; 286 pages - Pierre Morisot

Cet ouvrage peut être considéré comme un document de base sur le sujet. En effet, il présente d’abord une analyse particulièrement précise et fouillée de chacun des cinq secteurs retenus comme entrant dans le domaine des marchés criminels et procurant à chaque étape des bénéfices astronomiques collectés par des myriades d’intermédiaires. Défilent ainsi l’environnement (entendons par là notamment le trafic souvent méconnu d’espèces protégées) ; la traite des personnes (y compris l’immigration clandestine) ; la contrefaçon (avec par exemple le danger mortel présenté par les faux médicaments) ; l’armement (allant jusqu’aux produits NRBC) ; enfin évidemment la drogue (et ses innombrables circuits intercontinentaux). Le lecteur trouvera ici une masse d’informations chiffrées. À moins d’être déjà un spécialiste de la question, il découvrira des faits proprement effarants, puisés surtout dans des enquêtes de presse : des villages moldaves vidés de leurs jeunes filles envoyées en « centres de formation… de prostitution » ; le prélèvement d’organes sur des prisonniers vivants en vue de leur revente ; des saisies douanières en augmentation de 3 000 % en France sur une quinzaine d’années ; la kalachnikov à 70 dollars en Biélorussie, l’usage de submersibles chargés de cocaïne… Lire la suite

  p. 126-127

Alain Crémieux : Les armements du prochain siècle  ; Alain Crémieux, 40 rue Botzaris 75019 Paris, 2010 ; 189 pages - Daniel Jouan

Définir quels seront, en 2110, les armements nécessaires pour que les pays puissent assurer leur sécurité et dans quels conflits, peut paraître une folie. Il en faut plus pour freiner l’imagination de l’ingénieur général de l’armement Alain Crémieux qui s’attelle à cette tâche délicate, même si, comme il le reconnaît lui-même avec humour, il ne sera pas là, à cette échéan ce, pour qu’on lui reproche ses erreurs de prévision. Lire la suite

  p. 127-129

Jean-Paul Charnay : Esprit du droit musulman  ; Dalloz, 2008 ; 218 pages - Claude Le Borgne

En ces temps de révolutions arabes aux lendemains incertains, il n’est pas inutile de revenir sur ce livre, publié en 2008 à partir d’articles antérieurs. Jean-Paul Charnay se situe au carrefour de disciplines diverses, stratégie, histoire, droit, islamologie, philosophie. Placé à ce carrefour comme un agent de la circulation, il est ici à son affaire. C’est qu’aucun domaine n’est étranger à la religion du Prophète. C’est aussi que les doctes de l’islam sont contraints, pour l’exercice de leur magistère, à couper les cheveux en quatre. Lire la suite

  p. 129-130

Pascal Boniface : « Quel monde en 2030 ? »  ; Revue internationale et stratégique, n° 80 ; Armand Colin, 2010 ; 224 pages - Jean Dufourcq

On saluera la sortie de ce numéro spécial de notre confrère de l’Iris, que son directeur qualifie d’anomalie sympathique et on partagera cette vue. Outre qu’il lui permet de revenir avec franchise sur son parcours singulier, il offre au lecteur un tour d’horizon très complet et souvent original des questions internationales, actuelles et à venir, avec une variété d’angles de vue qui donne du relief à une discipline qui tarde à s’établir dans le monde universitaire. Lire la suite

  p. 130-130

Revue Défense Nationale - Avril 2011 - n° 739

Eastern Europe’s democratic transition at the end of the Cold War gives some useful pointers to the process which is starting in some Arab societies.  It will take time to establish liberalism and security, but countries such as Tunisia and Egypt already have the basic economic framework of liberal development. Political modernization is now the priority; this alone will allow Arab societies to meet the challenges of the twenty-first century

In this personal memoir of a recent past, the former cohabitation Prime Minister shows us how the responsibility for national defence was exercised at the highest level of the State during a complex period which, moreover, included the resort to force as part of a military coalition

The defence, space and armaments sectors of the European Union are under-financed, with the current financial climate offering little hope of any improvement. The author pleads for a new Europe-wide financial approach, which would be capable of supplying both national defence systems and the ESDP with the additional resources they need.

This article reflects on individual military responsibility and combat in a high-technology environment, noting their limits and challenges. The respective roles of the organization, the system and the operator are examined, as are the new relationships between the officer, combat action and technology.

In affirming its Asiatic ambitions, India is building a strategic identity through a series of regional power balances which integrate both Russian and American allies. Her position as a regional pivot is allowing the country progressively to assert a pro-active strategic posture, supported by widening democracy and a developing economy.

India’s modern history and marked diversity are the principal drivers in developing its strong strategic potential. Economic dynamism, American reassurance and acceptance of its environment all play a part in consolidating its Asian identity.

The author shows that India’s strategic posture is determined by its Chinese and Pakistani neighbours, which has led it into a close relationship with America. But it is in the oceans and archipelagos of Asia, and further away in Central Asia and in Africa, that India is emerging as a major player, determined to play a role in world governance.

Opinions and Viewpoints

The author believes that the relationship between state and industry is skewed in favour of the latter. He outlines a portrait of a ‘patriotic company’, which would assume a share of responsibility in economic development and the strategic interests more broadly managed by the state.

The preparation and equipping of forces for combat needs a new approach, bearing in mind growing financial constraints. The keys for what could well be a revolution are defined as concentration on operational action, the preservation of the essential, and the drastic reduction of secondary objectives. Permanent adaptation becomes the rule.

The author is a specialist in the field of strategic airpower. He postulates the development of an agile, robust European close support aircraft to overcome some of the operational drawbacks of multi-role supersonic aircraft and drones, and outlines its possible design characteristics.

Faced with financial crisis and the constraints of development time, the armed services are having to find ways of adapting their force systems. In anticipation of a possible budgetary freeze, other possibilities should be explored, notably capability sharing with close strategic partners. It is fast becoming vital to develop a ‘strategy of time’ in order to synchronize national and international contributions, if the country’s decision-making autonomy and strategic depth are to be guaranteed. 

The author explores the complex relationships between anti-ballistic missile defence and space strategy. He sets out the reality of the ballistic missile threat, and discusses how NATO is approaching this issue, and the  policy it established at the recent Lisbon Summit.

How can we link private military security companies to the operational reserve? The author responds to this complex problem by examining options and constraints (both legal and practical), and proposes some possible solutions.

This is the first part of a Canadian study of command, initially based on philosophical notions of hierarchy, power, willingness and cohesion. The concept is then interpreted in the context of the professional military ethic. Finally, the authors examine the notion of authority based on the concept of recognition.

The author believes that Europe’s international ambitions have stagnated. While it is true that the financial and budgetary crisis deeply affects the majority of European States, the real issue is that of the strategic role of the Union in a rapidly changing world. Its current isolation can only be broken by a new look at its geostrategic space and, above all, at its near neighbours.

At a time when the Arab world’s political transition is accelerating, the author questions whether Israel can extract itself from the strategic straitjacket in which it appears to be confined. He looks at the issues of balance of forces, unpredictability, the status quo, repeated setbacks, economic opportunities, and the need for long-term strategic vision.

Book reviews

Olivier Kempf : L’Otan au XXIe siècle  ; Éditions Arpège, 2010 ; 562 pages - Jean Dufourcq

Mickaël R. Roudaut : Marchés criminels  ; Puf, 2010 ; 286 pages - Pierre Morisot

Alain Crémieux : Les armements du prochain siècle  ; Alain Crémieux, 40 rue Botzaris 75019 Paris, 2010 ; 189 pages - Daniel Jouan

Jean-Paul Charnay : Esprit du droit musulman  ; Dalloz, 2008 ; 218 pages - Claude Le Borgne

Pascal Boniface : « Quel monde en 2030 ? »  ; Revue internationale et stratégique, n° 80 ; Armand Colin, 2010 ; 224 pages - Jean Dufourcq

Revue Défense Nationale - Avril 2011 - n° 739

Nous vivons des temps stratégiques sans ressemblance et sans repères. Et nous affectons d’être déconcertés par les mouvements du monde, crise financière, printemps arabe, émergences en tous genres et diversification de l’expression de la puissance. Aucun de ces phénomènes qui remettent en cause ce que nous pensions être l’ordre établi ne devrait nous prendre au dépourvu puisque tous ont été annoncés par des voix autorisées depuis des lustres. Ce que nous vivons en fait c’est une vraie crise de la planification stratégique, voire une crise de la puissance, non de la puissance relative comme on le disait encore il y a deux ans, mais bien de l’impuissance collective. Car nous ne savons plus anticiper les conséquences d’événements pourtant annoncés comme inéluctables. Nous ne savons pas adopter à l’égard de leurs effets une posture résolue de sauvegarde de nos intérêts communs et de consolidation de notre projet collectif, qu’il soit national ou européen.

Nous vivons sans doute une période de transition entre deux ordres, celui de Yalta et de l’idéal de gouvernance mondiale selon le mode occidental et un autre système sans doute moins ordonné, moins universel, qui tarde à se stabiliser. Faudra-t-il attendre pour qu’il puisse s’établir que la planète achève de se remplir des 9 milliards d’habitants qu’elle devrait porter à mi-siècle ? Si tel était le cas, nous aurions encore une longue période intermédiaire d’incertitude devant nous. Dans la transition actuelle, les acteurs ne sont plus seulement ou plus d’abord les États dans leur diversité et leur prolifération, les institutions internationales ou les grands groupes multinationaux dans leur complexité. L’initiative semble leur avoir été ravie par de nouveaux venus, les marchés, les médias, les réseaux surgissant d’opinions voire les prédateurs à l’affût qui exploitent la fragilité d’un système mondial en expansion démographique, sous contrainte écologique et en pleine reconfiguration économique.

S’il y a une « surprise stratégique » aujourd’hui pour reprendre cette formule qui a fait fortune en 2008, c’est bien que le jour et l’heure des mouvements de forte amplitude restent imprévisibles, sauf bien sûr pour les tenants de la théorie du complot. La conflictualité du monde, encadrée tant bien que mal par l’ordre de Yalta, échappe désormais aux régulateurs militaires, technologiques et juridiques habituels et les tensions, conflits, violences dont l’intensité rappelle celle des guerres d’hier se développent dans des domaines qui appellent des réponses nouvelles. On le voit aujourd’hui en Afrique du Nord où les appels irrépressibles aux libertés publiques, à la dignité et à la prospérité partagées sont des moteurs du changement rapide que guette le chaos. Ce raz de marée va se propager. On le voit dans les vulnérabilités cybernétiques où de nouveaux fronts s’ouvrent. On le voit dans les rééquilibrages de la planète avec ses nouveaux acteurs, entreprenants comme l’Union indienne ou paralysés comme l’Union européenne. La RDN tente d’explorer tous ces phénomènes et de vous les présenter ; ce numéro d’avril s’ouvre sur l’importance de l’exercice de la fonction politique et l’exigence que comporte la responsabilité de défense nationale. ♦

Jean Dufourcq

Revue Défense Nationale - Avril 2011 - n° 739

La RDN vous invite dans cet espace à contribuer au « débat stratégique », vocation de la Revue. Cette contribution doit être constructive et doit viser à enrichir le débat abordé dans le dossier. C’est l’occasion d’apporter votre vision, complémentaire ou contradictoire. Vos réponses argumentées seront publiées sous votre nom après validation par la rédaction.

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